Rien de grave, Justine Lévy

Justine Lévy est la fille de Bernard-Henry. Elle était précédemment mariée avec Raphaël Enthoven, et se l’ait fait piquer par une certaine Carla Bruni, qui a l’époque sortait avec le père de Raphaël (tout le monde suit ?). Quand Justine est tombée enceinte, Raphaël a voulu qu’elle avorte, il était trop tôt ; pourtant ils avaient déjà choisi le prénom, c’aurait été Aurélien. Carla a eu un fils avec Raphaël, prénommé Aurélien. Justine a fait une longue dépression.
Ce sont les faits ; naturellement, les noms sont changés dans le livre que l’on sent salvateur pour son auteur. Une forme de psychothérapie, en somme, plus proche parfois du carnet gardé en secret dans la table de nuit que du roman. Le style est sec, efficace.
C’est le genre de livre qui se lit une fois, pas deux. Mais qu’on est content d’avoir lu.

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Paris, mon amour Jean-Claude Gautrand

Voilà un livre qui ravira tous les amoureux de Paris. 233 clichés noir et blanc, signés de photographes réputés ou inconnus, retracent Paris de la fin du XIXème siècle à aujourd’hui, en passant par les guerres, mai 68, etc. Grandes perspectives ou petits détails, anonymes et visages connus, scènes de foule et portraits, monuments et transports en communs… Tout Paris, tous les Paris y passent. Les thématiques (les amoureux, bistrots, Parisiennes, les gosses, Paris des barricades…) sont anecdotiques, nostalgiques ou engagées.
Hormis l’introduction de 17 pages (trilingue comme souvent chez Taschen, Français, Anglais, Allemand), il n’y a pas de texte, tant les photographies sont parlantes.
Un beau livre dans lequel on peut se plonger des heures durant.

Bizarre ! Bizarre !, Roald Dahl

Députés sous influences, Hélène Constanty et Vincent Nouzille

Cet ouvrage de 500 pages paru fin 2006 est sous-titré « Le vrai pouvoir des lobbies à l’Assemblée nationale ». Les auteurs, tous deux journalistes, s’attaquent, on l’aura compris, aux 577 députés, regroupés ici en familles – les fantômes, les VIP, les experts, les multicartes, les porte-voix, les croisés et les laboureurs. Ils s’appuient sur plusieurs études de cas, des affaires récentes telles que le sujet des droits d’auteur sur Internet ou la proposition de réprimer toute personne niant le génocide de 1915 des Arméniens en Turquie. Ils fouillent dans quelques tiroirs, les assistants parlementaires, les colloques et les clubs au sein du Parlement, les rapports entre les élus et l’entreprise. L’ouvrage est très documenté, les auteurs ont rencontré nombre d’élus, passé au crible les propositions de lois, les amendements, les influences à l’égard des députés et les députés influents. A lire pour mieux comprendre certains rouages, mais attention : il s’agit de bien garder à l’esprit que même dans ce qui se veut une enquête en toute transparence, on n’a pas toute la vérité…

Trois jours chez ma mère, François Weyergans

Ce roman est le Prix Goncourt 2005. François Weyergraf est le narrateur du livre de François Weyergans. Il écrit, et par ailleurs repousse sans cesse le moment d’aller rendre visite à sa mère, dans le Sud de la France. François Graffenberg est le héros de l’histoire qu’écrit François Weyergans, le personnage de François Weyergans. Il y a une histoire dans l’histoire, un roman dans le roman. Si l’exercice littéraire est intéressant, le résultat est néanmoins épuisant pour le lecteur, qui n’en retire qu’une impression de décousu et répétitif, et subit les questionnements de ce François aux multiples facettes. Qu’il y aille, chez sa mère, et qu’il y reste !

L’avant-dernière chance, Caroline Vermalle

Le bonheur est dans le métro, Corine Moriou

 

Bienvenue à boboland, Dupuy & Berberian

« Le bobo idéal revient de loin (il a tout vu, tout connu), ne possède que peu de choses (c’est un nomade)… »
Le bobo, surtout, me fait mourir de rire en général et en particulier quand il est croqué par Dupuy et Berberian, bien connus des lecteurs de Fluide. Les planches de cet album sont criantes de vérité, elles mettent en scène les brunchs du dimanche, les interventions en plateau télé, les bars conceptuels qui viennent d’ouvrir.
C’est drôle, plein de couleurs et de détails amusants. Bon, d’accord, ça amusera sûrement plus les Parisiens qui côtoient des bobos au quotidien, chez Prune au bord du Canal Saint Martin (qui devient chez Quetsche dans la BD) ou ailleurs. Mais des bobos, il y en a partout, non ?

La Mariée mise à nu, Nikki Gemmell

Je suis tombée sur ce livre totalement par hasard, en Malaisie. Il était à disposition dans une bibliothèque pour vacanciers. Un peu sceptique au début, persuadée que j’allais tomber sur un ouvrage fleur bleue, j’ai découvert une histoire prenante, celle d’une femme disparue dont on retrouve le journal. Et grâce à ce document, on fait connaissance avec une personnalité bien différente de celle qu’elle était en apparence. Derrière la femme rangée, l’épouse modèle se satisfaisant de son bonheur familial, il y a la femme qui rêve de vivre ses désirs, révèle ses frustrations, et décide d’enfin mettre ses fantasmes à exécution. C’est parfois cru, toujours juste et franc, sincère et fragile.
Aussi surprenant qu’admirable, ce livre se dévore. Je l’ai tellement aimé que je suis rentrée de Malaisie avec.

Dix-neuf secondes, Pierre Charras

Un couple décide de jouer son avenir commun avec un RER, à la station Nation. Elle sera dans la rame de 17h43, lui sur le quai. Si elle descend, ils continueront ensemble. Si elle reste dans le train, cela marquera la fin de leur histoire.
Ce livre est construit sur le mode du compte à rebours. Les secondes défilent. L’intrigue est palpitante, le rythme haletant, le suspense insoutenable. La fin… Impossible à dire, il faut la lire pour comprendre. On croyait tomber sur un scénario amoureux un peu tordu, nous voilà plongés dans un piège fatal. Un roman saisissant, violent et marquant, dont on ne sort pas indemne. Prix du roman Fnac 2003.