Kiffe kiffe demain, Faïza Guène

J’ai voulu lire Kiffe kiffe demain car ce roman, écrit par une jeune fille de 19 ans, s’est formidablement bien vendu à sa publication en 2004 et a été traduit en 22 langues.

Faïza Guène, l’auteur, est française d’origine algérienne, née à Bobigny et vivant à Pantin. Kiffe kiffe demain est son premier roman. Elle y raconte l’adolescence de Doria, qui vit seule dans une cité avec sa mère, après que son père soit partie épouser au pays une femme susceptible de lui donner un fils. Les deux femmes sont particulièrement désargentées mais tiennent avant tout à rester dignes, malgré les visites de l’assistante sociale et les moqueries des femmes du quartier. Doria a peu de copines, mais quelques garçons de la cité jouent le rôle de grands frères. Malgré les cours de soutien que lui prodigue Nabil, qui va devenir son amoureux, Doria a de mauvaises notes et se voit réorientée en CAP coiffure.
La narratrice raconte avec son langage, un français parlé et imagé, mélangé au vocabulaire de la cité. Doria est une anti héroïne qui porte sur le monde qui l’entoure un regard sans concession.
Le texte est très court et se lit en très peu de temps. Malgré cela, il m’a semblé n’apporter rien que l’on ne sache déjà. Reste que le style en fait un écrit rafraichissant et agréable.
Le premier chapitre est .

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Le destin de Monique / Une saga génétique, Claire Brétécher

Intitulée Le destin de Monique a sa parution en noir et blanc en 1984, cette bande dessinée a été renommée Une saga génétique dans la nouvelle édition (couleur, 2006). Et cette saga commence avec Brigitte, une actrice célèbre, proche de la quarantaine, qui sent son horloge biologique s’emballer. Elle prend la décision de faire un bébé au moment où on lui propose LE rôle de sa carrière : plutôt que de repousser la grossesse, Brigitte choisit de faire porter son bébé par sa femme de ménage portugaise. Au même moment, à la campagne, un fermier insémine une de ses vaches…
Cet album est tordant, génial, hilarant, à mourir de rire. C’est l’un de mes préférés de cette grande dame de la BD.

PS : la barre des 100 notes a été franchie !!

Lettre à un jeune écrivain, Claire Delannoy

Je lis des livres dont je ne peux pas parler

Enfin, dont je ne peux pas encore parler. C’est le prix à payer quand on est jurée… et c’est assez amusant !

Là, par exemple, je viens d’en terminer un, il se lit très bien, il serait parfait pour les vacances, la plage par exemple… Mais il faudra attendre fin octobre pour savoir de quel titre il s’agit !

J’avais douze ans…, Nathalie Schweighoffer

Entre 12 et 18 ans, Nathalie a été violée plusieurs fois par semaine par son père, le plus souvent dans la maison, à proximité de sa mère, de sa petite sœur et de son petit frère. A 18 ans, elle est parvenue à sortir de ce cercle infernal, à parler, à porter plainte contre son père. De façon très brutale, ce témoignage permet de comprendre comment ces choses-là peuvent arriver dans une famille a priori bien sous tous rapports, à l’insu même des très proches de la victime.

C’est parfois choquant et douloureux, alors si cela peut l’être à le lire, on a une petite idée, un infime aperçu du calvaire qu’a vécu Nathalie, tombée dans un puits sans fond dont même la condamnation de son père à douze ans de réclusion n’a pu la sortir.

Par avion, le voyage de Jean-Paul Martineau à New York, Sempé

La veille de son départ pour New-York, Jean-Paul Martineau se voit proposer de collaborer à un ouvrage sur les Etats-Unis. Il narre donc divers aspects de son séjour, s’attachant particulièrement à ces différences qui séparent les Français des Américains. Il y a les fantastiques illustrations de Sempé, qu’on ne présente plus, accompagnés de textes de longueurs variables. Jean-Paul Martineau est candide ; le faux simplisme de Sempé, lui-même en séjour à New-York, est tordant. Un exemple avec cette scène, qui veut expliciter l’expression « to keep in touch » :
« Autre fête chez l’éditeur qui a publié le livre de mon ami John Stevens. Ethel Simmons, l’attachée de presse, a décidé de prendre une année sabbatique. Dans son discours, l’éditeur a dit à Ethel que lui-même, la maison, les auteurs et les journalistes trouveraient cette année bien longue, combien son savoir-faire ferait cruellement défaut. (John me glissa à l’oreille qu’elle était nulle.) Avec une sorte de médaille, Ethel reçut quelques succès de la maison, reliés, dans un élégant coffret. (John me dit que, même sous cette forme, elle ne les lirait jamais.) Ethel, visiblement émue, dit que si elle n’avait pas eu son billet d’avion en poche (pour une destination qu’elle ne voulait pas révéler, mais elle resterait en contact avec tout le monde, soyez-en sûrs), elle n’aurait pas trouvé la force de partir. (John me dit que l’éditeur allait enfin trouver le moyen de la virer.)
Puis, Ethel embrassa l’éditeur. Puis, tout le monde. En embrassant John, elle lui confia que jamais elle ne remettrait les pieds dans une boite pareille, qui d’ailleurs allait sombrer. Tout le monde se promit de rester, plus que jamais, en contact. »
J’adore.

Amour, Prozac et autres curiosités, Lucia Extebarria

Zazie dans le métro, Clément Oubrerie

Je commence par un aveu : cette bande dessinée est mon tout premier contact avec cette œuvre pourtant devenue culte. Pas lu le roman de Queneau, pas vu le film de Louis Malle. Mais adoré, c’est certain, la version illustrée par Clément Oubrerie (oui, celui qui dessine aussi Aya, ou la série Moot Moot d’Eric et Ramzy). On plonge dans l’univers décalé de Zazie dès la première planche. Elle a douze ans et découvre Paris avec une seule obsession : prendre le métro. Mais il est en grève, elle n’en verra pas la couleur, ce qui ne l’empêchera pas de découvrir bien d’autres aspects de la vie parisienne

Les dialogues sont un vrai régal, les ambiances des dessins nous font vivre les puces, les cafés, les groupes de touristes et les cabarets comme si on y était !

Une belle découverte, donc, que ce chouette album paru il y a un an.

L’univers de Clément est sur son site et sur son blog (et ici aussi).

Un heureux évènement, Eliette Abécassis

« Avant. J’ai 33 ans, des cheveux longs, soignés, raidis par des brushings. Je suis maquillée, habillée, parfumée. Je suis intense, romantique, intellectuelle, passionnée.

Après. Je n’ai pas d’âge, mes cheveux tombent, mes yeux sont perdus dans le vide, je ne vois plus rien, car prendre mes lunettes est le jeu favori du bébé ; je suis pieds nus, je porte des tee-shirts sales, et je n’aime que dormir. Je suis cynique, désespérée, bête, et souvent méchante. Je suis femme au foyer. Je suis épouse. Je suis mère. »

Voilà le drame de Barbara : ce devait être quelque chose de magique, de formidable et de beau, et ça ne ressemble finalement à rien de tout cela. Sauf que c’est impossible à dire, naturellement. Avec son style très personnel, Eliette Abécassis, pourtant, le fait à merveille. La maternité serait-elle le dernier des tabous ?
Rémi Bezançon, réalisateur du Premier jour du reste de ta vie, adapte actuellement ce roman ; tournage prévu en 2010.

Vacances !

En vacances, on a plus de temps pour tout, et plus de temps pour lire.
L’occasion de découvrir des textes plus ardus, de relire des classiques ou de plonger dans les nouveautés…

Voici un extrait de mon programme de cet été, ma PAL (côté romans seulement) en attendant les livres que j’ai promis de lire en tant que jurée.
Je prends tous les conseils, les compliments ou les éventuelles mises en garde !
 

Un heureux évènement, Eliette Abécassis

Les Désaxés, Christine Angot

Vacances dans le coma, Frédéric Beigbeder

Tokyo Sanpo, Florent Chavouet

Voix sans issue, Céline Curiol

Babyji, Abha Dawesar

Amour, Prozac et autres curiosités, Lucia Etxebarria

Ne lisez pas ce livre si vous êtes stupide, Tibor Fischer

Mon gras et moi, Gally

Kiffe kiffe demain, Faïza Guène

Rien ne va plus, Douglas Kennedy

Crazy, Benjamin Lebert

Bubble gum, Lolita Pille

L’oiseau bleu de Cnossos, Honorine Ploquet

Pardonnez nos offenses, Romain Sardou

Les chewing-gums ne sont pas biodégradables, Ann Scott