La Métamorphose, Franz Kafka

Coincée dans cette édition entre 23 autres récits, La Métamorphose est une longue nouvelle, peut-être l’œuvre la plus fameuse de Franz Kafka.

 

Gregor Samsa se réveille un matin comme tous les autres pour constater qu’il ne peut se lever comme d’habitude pour aller travailler : dans la nuit, son corps a changé, il est devenu un cancrelat, insecte monstrueux, carapace, ventre brun et pattes innombrables. D’abord, Samsa est aussi horrifié qu’incrédule face à ce corps qui est désormais – et de façon inexplicable – le sien. Puis il réussit à aller jusqu’à la porte de sa chambre où il découvre le fondé de pouvoir, venu chercher l’explication de son absence au travail ; il affronte alors les regards hallucinés et pleins de dégoût de sa famille, dans la pièce voisine. Car Gregor, s’il a changé d’apparence, n’a rien perdu de sa faculté de penser ; seule la parole lui manque. Sa famille prend peur, a honte, craint qu’on le découvre, l’enferme ; malgré tout la mère de Gregor, dont l’instinct maternel subsiste, demande à sa fille de nourrir son frère. Gregor se cache pour que sa sœur n’ait pas à subir la vision de l’énorme insecte qu’il est devenu. Dans son nouveau corps, Gregor, mourra bientôt de mort naturelle, au moment où sa famille envisageait de l’achever pour continuer à envisager sereinement l’avenir.

 

Maintes fois analysée, La Métamorphose, publiée en 1912, s’est vue attribuer tous les symboles, toutes les interprétations (plus de 130 d’après Stanley Corngold dans The Commentator’s Despair). Existentialisme, intolérance et mécanisme naturel de rejet entre les hommes, allégorie sexuelle, la mort comme inévitable conséquence de la solitude. Franz Kafka a reproché à son père, avec ce texte, leur relation faite de mépris, de différences, de répulsion mêlée d’attirance et de conflits. Les prémices en étaient apparues dans le texte Lettre au père (écrite en 1919 et publiée en 1952 sans que son destinataire n’ait pu la lire). Car la principale métamorphose, ici, est celle de la famille de Gregor face à la situation nouvelle.

 

Et en ces temps d’intolérance exacerbée, cela fait de La Métamorphose un conte résolument moderne.

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