Délibérations

Nous étions une bonne vingtaine à table. Les 5 lecteurs, les 5 auteurs, des représentants de Carrefour et de l’agence Ipanema qui organise le Prix, une journaliste de LSA et une des lectrices ayant présélectionné les ouvrages en compétition.

 

Et ils étaient là, justement, tous les 5, occupant le premier rôle de ce déjeuner. A chaque tour de table, ils ont essuyé critiques et louanges, la musicale « Sonate de l’assassin » de Jean-Baptiste Destremau, la légère « Femme aux cheveux courts » de Patrice Leconte, l’inclassable « Ninon » de Maud Lethielleux, l’« Influenza » particulièrement dans l’air du temps d’Eric Marchal et la très personnelle « Peine du menuisier » de Marie Le Gall.

 

Trois sont sortis du lot, dont on a extrait deux ouvrages. Pas facile, cela se jouait à rien, il a fallu trancher par un vote à main levée. Et l’un l’a forcément emporté, nous avions 10 voix auxquelles se rajoutait celle des votes par Internet, nombre impair, un vainqueur par 7 voix contre 4.

 

Autour du débat, il y a aussi eu les échanges plus personnels, riches rencontres, Jacqueline Monsigny plus vive et fringante qu’une jeune première, Romain Sardou et ses projets d’écriture, Jean-Marc Souvira et sa double casquette plume / police judiciaire, Mireille Calmel et son énergie communicative.

 

Pour la suite, ça se passe le 22 octobre prochain. Ce soir-là, le nom du gagnant sera révélé… mais vue la teneur des débats et la qualité des échanges de ce jeudi 8 octobre, je crois très sincèrement qu’il n’y a, parmi les cinq ouvrages, pas de perdant.

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Les blagues Carambar

A la base, le principe n’est pas idiot : regrouper dans un petit livre jaune et carré les meilleures histoires drôles du célèbre bonbon.

Sauf qu’il s’agit des nouvelles blagues Carambar, qui déjà ne sont plus ce qu’elles étaient (exemple : « C’est quoi le pire : ne jamais voir ton reflet dans le miroir OU que tous tes amis aient la même tête que toi ? » ou encore : « Toto en voyage avec sa classe voit un âne : – Regardez le beau cheval ! Sa maitresse lui dit : – Mais non, Toto, c’est un âne. – Il ne me ressemble pas du tout !).

Le tome 2 est sorti, on ne le lira pas.

Ce livre a donc une vertu essentielle : nous rappeler que ce qu’on aime dans la blague Carambar, c’est… le Carambar.

Le site : http://www.carambar.fr/flash.html

Ce crétin de prince charmant, Agathe Hochberg

Attention, chick’litt en vue ! Deux amies, une parisienne totalement in, mariée à un homme absent, et une new-yorkaise célibataire (et juive), s’échangent des mails sur leurs conditions respectives et les mâles qui en sont la cause, détestés et adorés.

Le titre est prometteur ; on s’attend à de la chick’litt de haut niveau, mais le premier roman de cette Française se révèle décevant : rien de neuf, à peine de quoi nous arracher un sourire de temps à autre.

A ne lire, donc, que dans des périodes de fatigue intense ou de désarroi profond – quoi que, même pour ces cas-là je suis sûre qu’on peut trouver mieux…

Flash, Charles Duchaussois

Flash ou le grand voyage est un roman autobiographique. A 25 ans, Charles Duchaussois, jeune homme bien né éborgné alors qu’il était bébé par un éclat d’obus, part pour le Liban. En France, il a connu la prison pour vol et escroquerie. C’est au Liban que commence le « grand voyage », qui le mènera à Katmandou en passant par la Turquie et l’Inde. La période hippie est à son apogée, la drogue est partout. Le voyage sera donc autant géographique qu’initiatique en matière de stupéfiants.

Charles Duchaussois va de plus en plus loin. Son aventure personnelle est jalonnée de rencontres avec des individus qui sont tous de véritables personnages.

C’est une fois de retour à Paris, où Charles Duchaussois est rapatrié en 1970, qu’il enregistre son récit avant de transmettre les bandes à un éditeur. Il a alors échappé plusieurs fois à la mort et touché du doigt la folie. Le recul qu’il a malgré tout nous permet de vivre de l’intérieur sa progression (sa descente aux enfers)et de comprendre la fascination de toute une génération pour les produits illicites et les modes de vie illicites.

L’auteur décèdera à Paris en 1991.

Ce récit est un document lourd (près de 600 pages en poche) et douloureux – en cela, et indépendamment du style accessible, il peut s’avérer parfois difficile à lire – mais il constitue un témoignage utile pour qui s’intéresse au sujet.

Yves Klein, Corps, couleur, immatériel, Centre Pompidou

Ce magnifique ouvrage a été réalisé par le Centre Pompidou à l’occasion de l’exposition organisée d’octobre 2006 à février 2007.

L’extérieur est or et bleu (Klein, naturellement).
L’intérieur aborde l’œuvre du maître de la monochromie selon trois thématiques : l’imprégnation (le corps, en bleu), l’incarnation (la couleur, en rose) et la dématérialisation (l’immatériel, en or).

Reproductions nombreuses, photographies inédites, biographie d’Yves Klein, réflexions de divers contemporains sur un aspect de son œuvre, rapport de l’artiste à son siècle – au cinéma, à la propriété intellectuelle ou encore à la presse -, projets utopiques et travaux inachevés…
On y retrouve bien plus que l’exposition.

Il y a encore des choses sur le site du Centre Pompidou :
http://www.centrepompidou.fr/education/ressources/ENS-Klein/ENS-klein.htm

Ce qui était perdu, Catherine O’Flynn

Kate a 10 ans et une passion : les enquêtes. Elle se rêve détective et, accompagnée de son chimpanzé en peluche Mickey, elle surveille le centre commercial de Green Oaks. Un jour, elle disparaît.

Vingt ans plus tard, on retrouve ce même centre commercial, plus grand et plus moderne. Kurt y est agent de sécurité, Lisa responsable d’un magasin de musique. Ces deux individus, chacun pour des raisons différentes, n’ont pas oublié la petite fille disparue et jamais retrouvée. Ils retrouvent Mickey et c’est comme un signe : ensemble, ils vont partir à sa recherche.

Ce roman est fascinant. D’abord, par sa construction, alternant passé et présent, point de vue des protagonistes et d’anonymes habitués du centre commercial. Ensuite, parce qu’il cache une satire légère de la société de consommation et épingle les comportements les plus navrants. Enfin, parce que le suspens y est insoutenable, avec une fin à la hauteur de nos attentes.

Finalement, le centre commercial tient le rôle principal de ce roman (que m’a adressé Elle dans le cadre du Grand Prix).
Et on ne parvient pas à lâcher ce livre tant que Green Oaks ne nous a pas révélé le dernier de ses secrets.

Motivation…

Le 18 mai dernier commençait pour moi la belle aventure du Prix Carrefour du Premier roman.
Tout se jouait avec un seul document – une lettre de motivation. Il s’agissait donc de se démarquer tout en étant honnête.

Voici la mienne, qui a priori a plu.

Et dans une semaine jour pour jour a lieu le débat avec Romain Sardou, Clélia Ventura, Mireille Calmel, Jean-Marc Souvira, Jacqueline Monsigny et les 4 autres lecteurs.

Il vous reste d’ailleurs quelques jours pour voter pour votre roman préféré :
http://www.carrefour.fr/infoconso/culture_loisirs/105-C4FR_Quizz-prix-du-premier-roman-septembre-2009.htm