L’hirondelle avant l’orage, Robert Littell

Le poète et le dictateur, tel est le sous-titre proposé par l’éditeur. Car c’est bien de cela qu’il est question ici. Dans la Russie de Staline, en 1934, la liberté d’expression est une notion toute relative. Staline décrète que la culture doit devenir socialiste. Le poète Ossip Mandelstam, artiste apolitique, refuse l’idée d’une politisation de la culture. Lui-même écrit une épigramme, un texte critique à l’égard du dictateur, qui finit par arriver jusqu’à celui-ci, malgré les précautions de son auteur qui a privilégié l’oral à l’écrit pour ses mots dangereux.

Là commencent ses ennuis.
Une première arrestation, d’abord, pour laquelle Mandelstam bénéficie de l’appui d’alliés, ce qui lui vaut 4 ans d’exil plutôt que l’exécution. Une seconde, ensuite, quand le poète, décidé à se faire bien voir, décide de produire cette fois-ci une ode au dictateur.

Ce roman polyphonique, qui fait parler la femme du poète (qui l’accompagnera en exil pendant 4 ans), ses amis les plus proches, son codétenu, nous donne à réfléchir sur la condition des artistes dans les régimes répressifs. Le poète Mandelstam sera torturé et exilé pour n’avoir pas voulu se plier aux diktats.

L’histoire mélange réalité et fiction, traductions de poèmes et de courriers pour mieux nous plonger dans cette époque ; Littell a lui-même échangé avec la veuve de Mandelstam, qu’il a rencontré à Moscou en 1979.

Robert Littell, ancien journaliste à Newsweek, spécialisé dans les affaires russes et moyen-orientales, désormais passé maitre dans l’art du roman d’espionnage, est le père de Jonathan à qui l’on doit « Les Bienveillantes », prix Goncourt et Grand Prix du roman de l’Académie française en 2006.

Il y a parfois de la poésie dans les mots de Robert Littell, des longueurs aussi. Le premier quart du livre, notamment, n’est pas à la hauteur, ni en termes d’intrigue ni en termes de rythme, de la suite. Mais la fascination mutuelle qui existe entre le poète et le dictateur est… fascinante – et merveilleusement rendue.
L’important est de ne pas oublier que cette réalité n’est pas si éloignée de nous dans l’Histoire.

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