Les saisons de la solitude, Joseph Boyden

Le titre, l’image de la surcouverture, la quatrième de couverture, les 510 pages… J’avais plusieurs bonnes raisons de ne pas m’enthousiasmer pour Les saisons de la solitude ; de loin, cela semblait bien rimer avec ennui. Une histoire d’Indiens dans le nord du Canada… J’imaginais déjà les descriptions à n’en plus finir des plaines sauvages et autres paysages désertés par l’homme.
Erreur.

Will et Annie sont bien des Indiens, mais des Indiens du XXIème siècle. S’ils ont les cheveux longs, noirs et tressés, s’ils portent des mocassins rebrodés de perles pour avoir chaud dans les cabanes où ils vivent, les clichés s’arrêtent là.
Annie est une jeune femme moderne, quoique rurale, qui enfourche sa motoneige comme d’autres leur Vespa. Sa sœur Suzanne, devenue mannequin, a mystérieusement disparu. Tandis que leur mère la tient pour morte, Annie, qui n’y croit pas, part à sa recherche.
Son périple la mènera à Montréal, Toronto, Manhattan. A sa voix se mêle celle de son oncle Will, dans le coma après un accident. Après la mort de sa femme et de ses deux fils, ses nièces sont ce qu’il a de plus précieux.

Rivalités entre clans, liens du sang, amour, alcool, solitude, trappe, vie dans la nature (cela n’a pas été sans me rappeler le puissant Into the wild), superficialité du milieu du mannequinat… Tous ces thèmes sont abordés dans ce magnifique roman. Si la chronologie s’embrouille parfois, cela ne gâche rien. Et la traduction rend à merveille les subtilités et les nuances apportées par l’auteur. Les personnages d’Annie et de Will sont formidables de justesse, cœurs bruts et purs perdus, chacun à leur manière, dans un monde qui va trop vite… J’ai quitté à regret la famille Bird. J’aurais voulu que les 500 pages, pourtant déjà très denses, en soient 1000 !

Les saisons de la solitude est un très beau moment d’évasion.

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Une réflexion sur “Les saisons de la solitude, Joseph Boyden

  1. Je viens de découvrir tout recemment Joseph Boyden. C’est un GRAND écrivain, et en le lisant : son appartenance indienne ne fait aucun doute. Moi-même éprise de littérature Amérindienne ainsi que des traditions et contes afférents aux différentes nations. Je tiens les éccrivains amérindiens pour ce qu’ils sont : le Sel de la Terre et… le sel de la littérature actuelle. Que n’avons-nous, en France, de tels écrivains !

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