Cocktail sanglant

 

D’habitude, il faut montrer patte blanche pour en passer la porte ; ce soir, c’est le groupe sanguin qui est demandé à l’entrée du club du Cercle, derrière les Halles.

On me remet d’ailleurs un gant chirurgical, ainsi qu’une serviette rouge sang.

L’ambiance est bordeaux, la lumière tamisée, les ouvertures ont été calfeutrées alors qu’il fait grand soleil dehors.

Pas de doute, c’est bien le cocktail sanglant donné par Nicolas d’Estienne d’Orves pour la sortie de Coup de Fourchette aux Editions du Moteur.

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La musique est inquiétante. A gauche, les restes d’une scène de crime, la marque d’un corps, protégé des curieux par les bandes hachurées POLICE. A l’emplacement de la poitrine, un cœur de bœuf. A droite, on me propose à boire – Bloody Nicolas ou champagne rosé. Dans un coin, des inspecteurs de police prennent les dépositions des convives sur une vieille machine à écrire. A l’autre bout de la pièce, une femme en robe noir git sur une table, de la cervelle plein le crâne. D’ailleurs, une infirmière blonde à lunettes en propose, de la cervelle ; cuisinée avec des câpres, et servie dans un petit sachet plastique. A manger, évidemment, d’un coup de fourchette. Je n’ai pas très faim, le champagne me paraît moins risqué.

Emmanuel Giraud, qui met en scène la soirée, nous invite à découvrir ce qui se passe dans une pièce adjacente. Nouvelle scène de crime. Cette fois-ci le corps est nu, éclairé par une lumière blafarde, maculée de sang. Une femme, encore. Qui sert de plateau chauffant  à des rondelles de boudin noir – du sang, donc, encore. Définitivement, je n’ai pas fin, je vais rester au champagne. Par la fenêtre, j’aperçois un fil à linge, auquel sont suspendues des culottes de fille et des langues de bœuf.

Bon, mais tout cela ne me fait pas oublier pourquoi je suis là : on célèbre la sortie de Coup de Fourchette, et ça vaut bien un cocktail, tout sanglant qu’il soit. Après avoir lu cette histoire courte, après avoir été estomaquée par la scène finale, voilà que je la vis. Je suis dedans – entourée d’auteurs. Jusqu’au générique de fin. Lorsque je sens à nouveau sous mes pieds le trottoir de la rue Etienne Marcel, je suis éblouie. Comme en sortant du cinéma. Ai-je réellement vécu cette soirée ?

 .

Des images, . 

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