Un tocard sur le toit du monde, Nadir Dendoune

Nadir Dendoune, journaliste du 93 aussi fier de son origine que de son héritage franco-algérien, est le premier Algérien à avoir atteint le sommet de l’Everest – le 25 mai 2008.

Il n’en est pas à sa première aventure : en 1993, il a effectué un périple de trois mois à bicyclette à travers l’Australie (où il restera vivre quelques années, et dont il acquerra même la nationalité) ; en 2001, c’est cette fois un tour du monde à vélo en solitaire contre le sida.

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Nadir Dendoune est par ailleurs engagé (dans son discours – il n’a de carte nulle part) ; on lui doit quelques tribunes sur Rue89, et des initiatives telles que la « Journée sans immigrés » (qui a eu lieu le 1er mars 2010) ou la protection, avec d’autres « boucliers humains », d’un site d’épuration d’eau à Bagdad.

Lorsqu’il s’attaque au « toit du monde », il n’est pas vraiment ce qu’on pourrait appeler un professionnel de la montagne. Mais il donne le change, s’inventant pour l’occasion un CV d’alpiniste, et le voilà parti. Et pas question de renoncer avant d’être parvenu à 8848 mètres d’altitude.

Au sommet, Nadir Dendoune brandira les deux chiffres de son département de naissance (la couverture est un montage, mais il l’a fait, d’autres photos à l’intérieur du livre l’attestent). Et ensuite, son corps mettra 3 mois à se remettre de cette ascension dont il n’avait pas mesuré l’ampleur ni les risques.

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Ce qui est intéressant dans son récit, c’est son rapport aux autres grimpeurs – et aux gens qu’il croise en général -, et la volonté d’atteindre son but qui le porte du début à la fin. Qui oserait se lancer dans une telle expérience sans entrainement ? Lui-même a raconté à ses parents qu’il partait en vacances au Népal, et a failli abandonner en cours de route.

Là-haut, le rapide coup de fil à la famille décuple l’énergie des marcheurs. Dans sa tente, le seul compagnon de Nadir est un roman à l’eau de rose – les amours de Florent et Clara, bien loin des affrontements qui ont lieu entre Tibétains et Chinois à Lhassa.

Même sur le versant de la montagne, les classes sociales subsistent : Nadir Dendoune fait le parallèle entre Français/immigrés et marcheurs occidentaux/sherpas, les premiers ayant toujours besoin des seconds.

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Au final, ce récit est une leçon de volonté et d’obstination, teintée d’humour et de prises de position, qui se lit très facilement.

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3 réflexions sur “Un tocard sur le toit du monde, Nadir Dendoune

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  2. Bravo pour ton exploit; tu as pris des risques en en faisant prendre aux autres aussi, mais tu as réussi; en sommes tu as eu et du courage (beaucoup) et de la chance (beaucoup) …ce qui n’est pas donné pour tout le monde !
    ton livre donne en tout cas une bonne leçon d’humanité…
    encore bravo Nadir

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