5 questions à Eric Marchal

 

Eric Marchal est né en 1963. 

Chercheur en immunologie de formation, il a remporté le Prix Carrefour du Premier roman 2009 avec le tome I d’Influenza, « Les ombres du ciel« .

Le tome 2, « Les lumières de Géhenne« , est sorti au printemps.

http://www.roman-influenza.fr/

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1. VOUS ET la lecture ?

  

Je suis surtout un lecteur compulsif dans le sens où je suis capable d‘acheter toute l‘œuvre d‘un auteur dont j’ai découvert un livre et de les lire sans discontinuité. Je n’imagine pas m’endormir un soir avant d’avoir lu, même quelques lignes, quelle que soit l’heure. Mon rythme de lecture est très variable, en fonction du temps que je peux voler au sommeil, de quelques minutes à toute une nuit (même si cela est de plus en plus rare !). Sur une année, je lis de 10 à 15 livres en moyenne. 

J’achète des ouvrages neufs, principalement en librairie. J’adore flâner dans les rayons, prendre les livres, les ouvrir au hasard et lire quelques phrases. En général, le titre m’attire plus que la couverture. Certains sont de véritables appels à la lecture ! Je me préoccupe peu du résumé de la quatrième de couverture, je préfère me fier au ‘’feuilletage‘’. J’achète beaucoup au coup de cœur ou sur les conseils de mes proches. Je prête rarement mes livres, je préfère les offrir, j’en offre souvent, tout comme je ne les revends jamais. Ils font partie de ma vie et ont accompagné différentes périodes de celle-ci. Ils sont comme les strates d’un arbre qui sont les témoins de son évolution.

Je crois en l’avenir du document électronique pour certains types d’ouvrages, mais le livre papier ne mourra jamais. Rien ne remplace le contact du papier bouffant, son toucher, le fait de tourner les pages, tout ce cérémonial qui fait partie de la lecture. J’utilise le livre « électronique » lors de mes recherches documentaires pour un roman, ce qui est un apport considérable. Il est aujourd’hui possible de télécharger sur le site de la BNF des livres anciens numérisés qu’il m’aurait été impossible de consulter auparavant autrement qu’en bibliothèque. Mais il ne me viendrait pas à l’idée de lire un manuscrit de roman sur un écran, je l’imprime toujours avant. Besoin physique du contact du papier.       

2. VOUS ET les livres ?

  

J’ai lu récemment « Les douze chaises » (éditions du Parengon) qu’un ami m’avait conseillé, un ouvrage écrit en 1927 par deux journalistes russes qui porte un regard très lucide et très drôle sur la Russie de l’époque communiste à travers une intrigue prétexte à un voyage au cœur des Soviets. Un style et des personnages à la John Irving, cinquante ans avant lui. Je finis actuellement « Le loup de Métendal » (Presses de la Cité), le livre de Gilles Laporte, un auteur Lorrain, qui raconte la saga d’une femme créatrice de faïencerie dans les Vosges du XIXème siècle. Le prochain sur ma liste est un classique, « Les cavaliers », de Joseph Kessel. J’avais envie de comprendre ce qu’était l’Afghanistan d’avant les différentes occupations. Il faut parfois se retourner vers les origines d’un pays pour appréhender son actualité. Je suis impatient de le commencer. 

Je découvre l’actualité littéraire en regardant les vitrines des librairies ! Mais les prix ne guident pas mon choix, à l’exception des prix de premiers romans et des prix de lecteurs, qui sont souvent des coups de cœur d’un jury.  

3. VOUS ET l’écriture ?

  

J’écris tous les soirs, environ trois heures. Le plus important pour moi est d’être régulier. Si, pour une raison particulière, je ne peux écrire pendant plusieurs jours, il me faut retrouver l’environnement, l’ambiance, l’action et l’état d’esprit des personnages en relisant le manuscrit. En écrivant quotidiennement, je reste imprégné et bercé par l’histoire. Quand je suis devant mon clavier, je me retrouve immergé au milieu de mon histoire et je n’ai plus qu’à me laisser aller à la rêverie.

Il n’y a pas d’environnement privilégié en termes de lieu. J’ai juste besoin d’être seul. J’écris à mon bureau, dans ma chambre, dans le train, partout où je peux m’isoler. J‘écoute, en général, de la musique, de tout genre (du rock-pop à la musique classique ou au jazz selon la ‘’couleur’’ de la journée).

Mes lectures peuvent parfois influencer mon écriture. Pour le tome 1 d’Influenza, j’hésitais à décrire des scènes « dures » qui se passaient dans les unités Togo (camps de prisonniers chinois utilisés par les Japonais pour des expériences médicales). Au même moment, je lisais « Tokyo » de Mo Hayder, dans lequel l’auteur avait réussi à rendre « lisibles » des événements abominables (le sac de Nankin). La difficulté était d’éviter le voyeurisme sans trop gommer la réalité historique. Il n’y a rien que je déteste plus dans un roman que la violence gratuite. En lisant Mo Hayder, j’ai compris que je me devais d’écrire ces scènes qui étaient importantes pour le récit. Et je me suis lancé.         

4. VOUS ET Internet ?

  

J’ai créé un site sur le livre Influenza (www.roman-influenza.fr) pour y mettre toutes les informations relatives à l’ouvrage, les extraits de presse ainsi que les dates des signatures dans des salons et des librairies. N’étant pas un spécialiste du web, j’ai mis plusieurs mois à le construire. Aujourd’hui, il me prend peu de temps, juste les mises à jour, quelques heures par mois. Je l’utilise comme « dossier de presse » auprès des journalistes, des libraires, des bibliothèques qui me contactent ou des personnes que je rencontre lors des salons.

En tant que lecteur, il m’arrive de lire les avis sur des blogs ou des sites de VPC (Amazon, Fnac…), mais, pour être franc, les avis négatifs ne m’empêchent pas d’acheter un livre qui me fait envie, alors que les avis positifs me confortent. J’y suis sensible quand il s’agit d’opinions qui concernent mes deux romans. Je me souviens d’une dame qui avait trouvé le premier « sans queue ni tête », n’ayant pas compris qu’il y avait deux tomes. Il est juste dommage que, dans certains cas, l’auteur ne puisse pas répondre directement au lecteur, les échanges n’en seraient que plus intéressants.      

 

5. VOUS ET vos projets ?

Mon projet en cours est un roman d’aventure qui se déroule au XVIIème siècle dans le duché de Lorraine. On est loin de Shanghai et de la Seconde guerre mondiale ! La partie de documentation est encore plus grande que pour Influenza, je me pose des questions sur la vie quotidienne, sur l’Histoire, sur tous les détails qui sont pour moi essentiels car donnent de la chair aux personnages et à l’intrigue. Et j’ai découvert tant de choses incroyables qui se sont produites dans cette période (1694-1730) ! L’écriture est commencée, j’en ai encore pour environ quatre mois avant de livrer un manuscrit final.

Les salons reprennent en septembre, après une interruption cet été. Je serai présent à Fontenoy la Joute le 5 septembre, Nancy le 19-20, à la médiathèque de Vandoeuvre-les-Nancy le 25 et Besançon le 26, puis dans une librairie d’Epinal début octobre. J’aime beaucoup ces manifestations où les échanges sont nombreux et riches, y compris entre les auteurs, mais je suis parfois limité par le temps que je peux y consacrer.

Écrire n’est pas mon activité principale, j’ai un travail à temps plein, une vie familiale et domestique qui m’occupent jusqu’au soir. Avoir un métier peut être considéré comme une difficulté, puisqu’il m’est impossible d’écrire dans la journée, mais c’est aussi une formidable liberté qui me permet de n’avoir aucune contrainte ni pression en termes de ventes. J’écris ce que j’aime écrire, chez un éditeur (Anne Carrière) qui me laisse une totale liberté dans mes choix et dans mon rythme.

Que demander de plus ?

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4 réflexions sur “5 questions à Eric Marchal

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