L’homme qui ne savait pas dire non, Serge Joncour

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Beaujour, un homme sans histoire, a cette particularité (comme l’indique le titre de ce roman) de ne pas savoir dire non. Physiquement, il n’y arrive pas. Malgré ces efforts, cela lui est impossible. Cela lui pose de sérieux problèmes (par exemple, il ne parvient jamais à refuser les cafés que lui proposent de prendre ses collègues, d’où son état de surexcitation habituel du à l’excès de caféine ingérée) qui sont autant de situations cocasses, voire hilarantes pour le lecteur.

Or, il se trouve que ce Beaujour officie chez Opinion Factory, un grand institut de sondage. Il obtient des résultats excellents, ses enquêtés se retrouvant face à l’alternative « Oui ou Ne sait pas ? ». Cela ne manque pas d’attirer l’attention et l’admiration de sa hiérarchie.

Et le nouveau poste qu’on lui propose est la goutte d’eau qui peut faire déborder le vase. Alors Beaujour se rend aux rendez-vous d’un atelier d’écriture qui promet à ses participants de retrouver les mots. Lui, il n’en a qu’un qui a disparu, mais remettre la main dessus ne va pas être si simple…

D’une histoire amusante, anecdotique, gentiment improbable, Serge Joncour fait un grand roman. D’abord, parce que c’est drôle, extrêmement drôle, tant Joncour cerne à merveille les situations les plus ridicules des rapports humains en général, et des relations dans le cadre de l’entreprise en particulier. Ensuite, parce que la plume de l’auteur, riche et dense, possède une force particulière, parce que ses phrases font passer mille messages, tout en longueur et en souplesse. Enfin, parce que pour partir à la recherche du mot perdu, cet antihéros qu’est Beaujour doit remonter jusqu’à son enfance, jusqu’aux générations précédentes même – jusqu’aux origines.

Il y a de la sensibilité à chaque page, et des trouvailles comme j’aime – inspirantes, qui plus est. Un roman génial.

Serge Joncour répondra ce week-end à mes questions.

Et une citation juste pour moi, évidente :

« – Les mots c’est un peu le prénom des choses, une manière de les apprivoiser, sans quoi on serait environné d’inconnus. Et comme il en va de tout prénom, on y associe toujours une teinte, une couleur qui le nuance, pour moi par exemple, Sophie est voluptueux et gai, alors que pour vous il renverra au souvenir d’une revêche, d’une déception amoureuse qui sait, chacun a sa version d’un mot…

Beaujour n’avait pas en tête le visage d’une quelconque Sophie. (page 112) »

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3 réflexions sur “L’homme qui ne savait pas dire non, Serge Joncour

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