Ecrivains, Antoine Volodine

D’emblée, Antoine Volodine a gagné mon admiration éternelle. Alors que certains considèrent que la régularité avec laquelle une Nothomb sort, donc écrit, ses romans est la preuve de la piètre qualité de ceux-ci, Antoine Volodine réussit le tour de force de publier trois livres en même temps pour cette rentrée littéraire. Il représente donc près de 0,5% de la production française à lui seul, ce qui n’est pas rien.

Trois opus sont donc parus récemment, chez trois éditeurs différents, et sous trois noms d’auteurs :

« Les aigles puent », signé Lutz Bassmann, chez Verdier

« Onze rêves de suie », signé Manuela Draeger, aux Editions de l’Olivier

« Ecrivains », signé Antoine Volodine, au Seuil

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Antoine Volodine est le principal pseudonyme de cet auteur productif. Sous ce nom, 19 titres sont parus depuis 1985.

En tant que Manuela Draeger, seule signature féminine, 10 titres ont vu le jour, tous chez l’Ecole des Loisirs (Medium) à l’exception d’ « Onze rêves de suie ». 3 titres sont signés Lutz Bassmann, et 5 d’un quatrième pseudonyme, Elli Kronauer. Soit quelque 37 publications en près de 25 ans. J’adore, je trouve cela génial.

En août de cette année, Antoine Volodine a fait tomber les masques et revendiqué publiquement la paternité de tous ces ouvrages.

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Antoine Volodine se considère comme un écrivain « post-exotique », genre qu’il a créé il y a une vingtaine d’années (et auquel on associe également des auteurs comme Lutz Bassmann, Manuela Draeger ou encore Elli Kronauer, ah ah ah), et c’est à ses pairs qu’il rend hommage dans « Ecrivains ».

« Le post-exotisme est fondé sur la subversion de l’idée même d’Auteur D’ailleurs, Volodine revendique le rôle de “porte-parole” de préférence à celui d’auteur. », apprend-on.

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Quant à « Ecrivains », voilà ce qu’en dit l’éditeur :

La figure de l’écrivain telle que l’imagine Antoine Volodine. Ni alcoolique génial ni géant hugolien, ni romantique torturé, et encore moins sommité mondaine adulée par les médias. L’écrivain ici se débat contre le silence et la maladie, quand il n’est pas sur le point d’être assassiné par des fous ou des codétenus. Qu’il soit homme ou femme, il sait qu’il n’a aucun avenir. Souvent, il est analphabète, comme Kouriline, qui évoque oralement la terreur stalinienne en s’inclinant devant des poupées en ferraille. Il peut aussi lui arriver d’être déjà mort, comme Maria Trois-Cent-Treize, qui fait une conférence sur l’écriture dans l’obscurité totale qui suit son décès. Ou d’être en transe, comme Linda Woo, qui depuis sa cellule donne elle-même une définition des écrivains : « Leur mémoire est devenue un recueil de rêves. Ils inventent des mondes où l’échec est aussi systématique et cuisant que dans ce que vous appelez le monde réel. »

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Mention spéciale à « Remerciements », qui, au travers de mercis et de non mercis adressés à tous ceux qu’un écrivain a croisés sur sa route, dessine le parcours atypique du personnage. Drôle et fort.

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