5 questions à Isabelle Monnin

Journaliste au Nouvel Observateur, Isabelle Monnin signe avec Les vies extraordinaires d’Eugène, paru à la rentrée littéraire 2010, son premier roman.

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« J’ai beaucoup de respect pour l’œuvre, l’idée que quelqu’un se soit mis à sa table pour créer un texte m’émeut. »

 

1. VOUS ET la lecture ?

Depuis que je suis enfant, je lis beaucoup. Je n’ai pas pour autant une culture littéraire très ordonnée. J’aime des choses disparates. Je n’ai pas un rapport savant au livre, je n’ai pas fait d’études de lettres.

Ça ne veut pas dire que je ne prends pas la littérature au sérieux. J’ai beaucoup de respect pour l’œuvre, l’idée que quelqu’un se soit mis à sa table pour créer un texte (ou toute œuvre artistique) m’émeut. J’ai du mal à ne pas terminer un livre, ou à sauter des pages, même s’il m’ennuie.

Je ne note pas, je ne corne qu’en cas d’extrême nécessité.

J’achète mes livres, je les emprunte rarement, ne les jette jamais. J’aime bien les voir, c’est peut-être pour cela que le livre électronique ne m’attire pas alors que je suis techno-addict.

Je les considère comme des objets précieux, des amis importants avec qui l’on peut s’extraire de la médiocrité ambiante.

J’adore la littérature américaine. Jonathan Safran Foer et sa femme Nicole Krauss sont mes héros. Mais j’aime aussi des écrivains français, pour leur travail sur la langue. Des classiques (Hugo, Flaubert) et des contemporains (en vrac et sans souci d’exhaustivité : Marie Darrieussecq, Marie Ndiaye, Régis Jauffret, Nancy Huston, Jean Echenoz, Jean-Paul Dubois, Annie Ernaux, Daniel Mendelsohn).

J’ai découvert Modiano cet été, j’en ai lu cinq ou six d’affilée.

Je lis aussi de la bande dessinée, des romans graphiques.

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« Je vais à la librairie, mon dealer préféré. »

 

2. VOUS ET les livres ?

Je suis l’actualité littéraire. Je me fie aux articles mais surtout aux avis de mes ami(e)s. Après, je vais à la librairie, mon dealer préféré.

J’achète beaucoup. J’empile les livres et ils m’attendent pour être lus.

Cette année était un peu spéciale : sans doute parce que mon roman faisait partie de la rentrée littéraire, j’ai eu du mal à lire les autres. Je ne prends pas forcément les livres primés. Je me méfie du conformisme et de l’unanimisme. Je lis actuellement le dernier Joyce Carol Oates, « Petite soeur mon amour », un livre à la fois  éprouvant et brillant.

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« « Ça » se passe dans ma tête : quelque chose déclenche mon imaginaire et là, je peux rapidement arriver à la surchauffe ! »

3. VOUS ET l’écriture ?

J’écris quotidiennement pour mon métier : je suis journaliste au Nouvel Observateur.

Pour la littérature, c’est différent. Il peut se passer des semaines sans que je n’écrive rien. J’ai l’impression alors d’être sèche, que « ça » ne reviendra pas. Et puis, « ça » ressurgit, presque par bouffées. « Ça » se passe dans ma tête : quelque chose déclenche mon imaginaire et là, je peux rapidement arriver à la surchauffe ! J’y pense tout le temps, le jour, la nuit, au travail, dans le métro… Comme ma mémoire est défaillante, je note mes idées dans un carnet. Quand je sens que l’idée se tient, je laisse reposer pour ne garder que l’essentiel et je me mets à mon ordinateur, peu importe l’endroit et le moment (il faut juste du calme, un peu de temps et du chocolat noir). C’est un moment assez jubilatoire, de liberté.

Quand je suis en phase créative, je suis en état d’hypersensibilité, tout m’inspire. Un film, un morceau de musique, un tableau, un livre mais aussi une lumière, une image…

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4. VOUS ET Internet ?

Je n’ai pas de site, ni de blog. Juste une page Facebook où je compile les réactions aux Vies extraordinaires d’Eugène. Mon livre a reçu un accueil très positif dans la presse mais surtout sur les blogs littéraires. Je ne compte pas le nombre de billets, souvent délicats et intelligents, qu’il a suscités.

Je mentirais en disant que ça ne fait pas plaisir. Ça donne surtout du courage pour continuer.

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5. VOUS ET vos projets ?

Après mon premier roman, j’ai publié en novembre un livre avec ma consœur Doan Bui sur les archives des dossiers de naturalisation d’une quarantaine de personnalités françaises, « Ils sont devenus français » (JC Lattès). C’était un gros travail, un an de recherche.

J’ai désormais envie de revenir à la fiction, ça me manque.

L’idée d’un deuxième roman est en train de couver dans ma tête (et ça chauffe !). J’espère pouvoir me mettre à la rédaction rapidement.

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4 réflexions sur “5 questions à Isabelle Monnin

  1. Pingback: 5 questions à Isabelle Monnin « Je Lis, Tu Lis, Il Lit

  2.  » L’idée que quelqu’un se soit mis à sa table pour créer… » : isabelle Monnin, auteur respectueux des autres, une belle âme…

     » Les vies extraordinaires d’Eugène », je ne connais pas ; mais à lire cet intervieuw, je suis curieuse…

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