5 questions à Eric Faye, Grand Prix du Roman de l’Académie française 2010

Né en 1963, Eric Faye, journaliste à l’agence de presse Reuters, est l’auteur de plus de vingt livres en une vingtaine d’années.

Son dernier roman, Nagasaki, a reçu cet automne le Grand Prix du Roman de l’Académie française.

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« Je n’arrive pas à imaginer la disparition totale du livre en papier. »

1. VOUS ET la lecture ?

Je crois être un assez grand lecteur, de l’ordre de six à dix livres par mois, à peu près, selon le volume de ces livres.

Je n’ai pas de période de prédilection, je peux aimer autant une tragédie d’Euripide qu’un roman du XXIe siècle, pourvu que l’un et l’autre me prennent, me surprennent.

Je n’achète pas de livres d’occasion, mais il m’arrive d’aller en emprunter en bibliothèque. S’ils me plaisent, j’éprouve ensuite l’envie de les acheter. Acheter un livre est un plaisir; ensuite, il peut s’écouler des semaines, des mois avant que je le lise. C’est une affaire d’état d’esprit…

Si je prête mes livres ? Le moins souvent possible, parce que l’homo sapiens du XXIe siècle ne rend plus les livres !…

Si je les corne ? Non, j’ai des marque-pages, mais oui, il m’arrive de glisser quelques annotations, ou de signaler d’un trait dans la marge un passage qui m’a particulièrement plu, afin de le retrouver facilement, plus tard…

Si je crois à l’avenir du livre électronique ? Oui, d’une certaine façon. Je ne sais pas s’il sera hégémonique, je crois à sa cohabitation avec le livre en papier, dont je n’arrive pas à imaginer la disparition totale… Mais peut-être est-ce une affaire de génération et suis-je attaché à la matérialisation des biens culturels, que ce soit un livre, un DVD ou un album de musique. L’important, au fond, est que l’habitude de lire de la bonne littérature perdure, et là, je suis plus pessimiste !

« L’actualité littéraire ? Je m’en tiens à distance, j’ai horreur des mouvements de foule. »

2. VOUS ET les livres ?

Eh bien j’ai lu par exemple « Naufrages », d’Akira Yoshimura, et « Le Grand Tremblement de terre du Kanto », du même auteur; j’ai lu aussi, récemment, « L’Etrangère », de Sandor Marai, je lis ces jours-ci « Docteur Pasavento », d’Enrique Vila-Matas, je m’apprête à lire « Paix à Ithaque », de Sandor Marai, et puis un roman de Béatrice Commangé, « L’Homme immobile ».

L’actualité littéraire ? Je m’en tiens à distance, j’ai horreur des mouvements de foule. Et comme dit un de nos grands philosophes, la majorité a constamment tort… Il m’arrive de lire des livres primés, par exemple j’ai aussi en projet de lire « La Fête du bouc », de Vargas Llosa, qui a eu le prix Nobel cette année.

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« J’essaie d’avoir chaque jour un moment pour l’écriture, ce doit être devenu une sorte d’accoutumance. »

3. VOUS ET l’écriture ?

J’écris de préférence le matin, et rarement plus de deux heures par jour. Je me suis aperçu aussi, sans que ce soit une règle, que j’écrivais beaucoup pendant l’été, sans savoir à quoi cela tient. Mais j’écris tout au long de l’année, très régulièrement.

J’essaie d’avoir chaque jour, même en voyage, un moment pour l’écriture, ce doit être devenu une sorte d’accoutumance.

J’aime écrire dans les cafés, si possible pas trop lumineux, et sur de vieux cahiers en papier qu’on appelle maintenant recyclé. J’écris donc à la main, avant de taper le soir, à l’ordinateur, ce que j’ai griffonné le matin. Et j’imprime et corrige à la main, puis reporte les corrections sur l’ordinateur et réimprime, ainsi de suite jusqu’à ce que le ras-le-bol, ou le sentiment d’avoir atteint quelque chose de correct, s’installent …
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4. VOUS ET Internet ?

Je fais constamment des recherches sur internet, je consulte mes mails, Facebook est aussi une lucarne sur le monde, tout cela est très bien si l’on n’en devient pas dépendant. Le danger est d’en être dépendant !

Dire que je suis insensible à ce qui est écrit, non pas sur moi, mais sur les livres que j’ai écrits serait faux, mais j’évite d’aller voir sur internet ce qui a été écrit. Ce n’est pas une bonne chose pour un auteur d’être « trop » à l’écoute des opinions.

Quant aux blogs ou sites, je me suis aperçu que certains ont un certain effet d’entraînement, c’est le bouche à oreille moderne, le fameux buzz, et ils prennent parfois le relais d’une critique littéraire journalistique souvent sans effet sur les lecteurs.

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« Une chose à la fois banale et extraordinaire pour un écrivain : un nouveau livre. »

5. VOUS ET vos projets ?

Je fais une chose à la fois banale et extraordinaire pour un écrivain : j’écris un nouveau livre.

Mon occupation principale, disons le métier qui me permet de bien gagner ma vie est journaliste, dans une agence de presse. 

Quant aux projets, ils s’orientent souvent chez moi du côté des voyages, des lointains. J’aimerais retourner bientôt au Japon, bien sûr, ou ailleurs en Asie, ou en Californie.

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3 réflexions sur “5 questions à Eric Faye, Grand Prix du Roman de l’Académie française 2010

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