Tout près, le bout du monde, Maud Lethielleux

bout-mondeLe bout du monde, c’est là que se retrouvent Solam, Jul et Malo. Marlène, qui les accueille, leur fait écrire chaque jour quelques pages.

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« Moi j’aime bien l’idée du journal. Il paraît que personne ne lira ce que j’écris alors je peux tout dire, c’est pratique, j’aime bien tout dire quand personne ne peut l’entendre. Je sais pas ce que je peux raconter, si je dois dire mon âge et me présenter, par exemple écrire sur la première page  » Bonjour, je m’appelle Malo, je viens d’arriver chez Marlène…  » ou si je dois parler de ce qu’on fait tous les jours, ou plutôt de mes pensées, de mes rêves ou de mes cauchemars. Je sais pas si je peux parler de Jul et de Solam. Je sais pas si je dois expliquer pourquoi je suis là, toute façon, je suis pas sûr et certain de savoir. »

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La frontière entre littérature jeunesse et littérature adulte est parfois mince, ainsi que le montre ce roman (à part côté prix : 10 € pour plus de 500 pages). Avec la sensibilité que l’on connait à Maud Lethielleux (auteur de titres à virgule : Dis oui, Ninon et D’où je suis, je vois la lune), se dessinent au travers de ces journaux les portraits en creux de trois adolescents blessés par la vie, et que l’on fait cohabiter pour mieux qu’ils se réadaptent.

L’alternance des trois journaux, matérialisés par trois polices de caractère différentes, fait apparaître trois façons de s’exprimer, à hurler sa haine ou à justifier sa timidité, à courir après ce qui est perdu ou à espérer toujours, trois façons de partager ses blessures. Trois styles, finalement, avec l’humour et la fraicheur de la naïveté.

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« La dame m’a fait visiter avec ses points d’exclamation. On aurait dit qu’elle voulait toujours me rassurer : Le réfectoire est lumineux ! Le CDI accueillant ! La salle informatique très performante ! Les casiers très pratiques ! […] Une fille sympa, Léonore, m’a montré tout ce que j’avais vu avec la dame, mais sans l’excitation. Le réfectoire : bof. La bouffe : dégueu comme dans toutes les cantines. J’ai demandé s’il y avait des légumes, elle a répondu : Malheureusement. Les ordis : pourris. Les casiers : pétés, faut racheter des cadenas. » (pages 94-95)

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« J’ai laissé la porte ouverte pour tout entendre, j’adore les engueulades, c’est un truc de gens qui s’aiment. » (page 380)

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En somme, ce roman est un concentré de vie et d’émotions, aux personnages attachants. On irait bien faire un tour, finalement, au bout du monde.

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5 réflexions sur “Tout près, le bout du monde, Maud Lethielleux

  1. Pingback: Tout près, le bout du monde de Maud Lethielleux « Je Lis, Tu Lis, Il Lit

  2. Quelle cachotière !! …depuis « dis oui, Ninon », je ne râte aucun des nouveaux romans de Maud LETHIELLEUX et après, « d’où je suis, je vois la lune » et « j’ai 15 ans et je ne l’ai jamais fait », j’attendais avec une certaine impatience de retrouver son écriture, sa fraîcheur et sa spontanéité qui la caractérise et qui fait de son style, son empreinte dont j’aime m’imprégner à la lecture de ses ouvrages !!

    Merci pour la chronique de son dernier roman que je vais m’empresser de m’offrir !

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