L’écrivain de la famille, Grégoire Delacourt

Quatrième de couverture :

Je venais d’avoir le bac de justesse. Ma sœur avait quatorze ans, elle écoutait Sheila chanter Hôtel de la plage avec les B Devotion, allongée sur son lit. Il y avait des posters de Richard Gere et de Thierry Lhermitte sur les murs. Elle croyait au prince charmant. Elle avait peur de coucher avec un garçon, à moins qu’il ne fût le prince. Elle m’avait demandé si ça avait été bien ma première fois et j’avais répondu, d’une voix douce, oui, oui, je crois que c’était bien, et elle avait eu envie qu’on dise ça d’elle un jour, juste ça, oui, oui, c’était bien.

Et puis notre frère était entré dans la chambre, il nous avait couverts de ses ailes et nos enfances avaient disparu.

Avec grâce et délicatesse, Grégoire Delacourt nous conte une histoire simple, familiale, drôle et bouleversante.

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A sept ans, Edouard écrit son premier poème, quatre rimes pauvres qui vont le porter aux nues et faire de lui l’écrivain de la famille. Mais le destin que les autres vous choisissent n’est jamais tout à fait le bon…

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Les fameuses rimes, les voici :

Maman

T’es pas du Zan.

Papa

Tu fais des grands pas.

Mamie

T’es douce comme de la mie.

Papy

Tout le monde fait pipi.

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Rien ou presque, mais de quoi coller à Edouard une étiquette plus lourde à porter que n’importe quel fardeau. Car dans cette étiquette – « écrivain », donc – sont cristallisés toutes les attentes et tous les désirs d’une mère, d’une épouse, d’autres proches… Et il faudra toute une vie (un demi-siècle, au moins) à Edouard pour tâcher de résister à cette voie qu’on aurait tant aimé lui voir emprunter.

Mais les décennies qui s’écoulent sont l’occasion de tant de péripéties familiales que le lecteur ne verra pas le temps passer. Elles sont surtout narrées avec humour, même quand ça n’est pas drôle :

« Ce fut elle qui m’arrêta. Avec trois mots. Trois balles.

– Je suis enceinte.

Notre fille naquit treize mois plus tard. » (pages 129-130)

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Si Grégoire Delacourt signe avec « L’écrivain de la famille » son premier roman (une fiction, donc), l’homme est familier des mots de longue date, puisqu’il exerce le métier de publicitaire (tiens ! comme son héros). Le récit s’en trouve très bien maîtrisé, et la truculente histoire de famille se double, voilà qui ajoute encore à l’intérêt de ce roman, de réflexions sur l’écriture et sur la projection des désirs des autres.

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« Alors je fis la seule chose pour laquelle on m’avait aimé. Je me remis à écrire. » (page 152)

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Mêler aventures du coin de la rue et humour, destinées individuelles et émotions universelles… Et si Grégoire Delacourt avait, comme le publicitaire peut avoir le sens de la formule, trouvé dès ce coup d’essai la recette idéale du roman ?

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Grégoire Delacourt répondra à mes questions dans le billet de ce week-end.

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9 réflexions sur “L’écrivain de la famille, Grégoire Delacourt

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