Rossmore Avenue, Vanessa Caffin

 Quatrième de couverture :

Lily Brochant s’est installée il y a dix ans à Los Angeles, où elle a suivi un amour de passage. Allergique à l’inculture américaine, elle se débat au milieu du vernis californien, décidée à imposer un ton résolument irrévérencieux et parisien, bien intriguant pour la communauté du 500, Rossmore Avenue, le petit immeuble chic et vieille Angleterre de Hancock Park où elle a posé ses valises.

Reine du shiatsu auprès d’une clientèle fortunée, elle se jette sur le pouls de ses voisins pour mieux traquer leurs manques affectifs : Jane, malmenée par un fils hyperactif bien décidée à démasquer les infidélités de son mari ; Georges, un Français sexagénaire inconsolable depuis le décès de sa femme, parti à L.A dans l’espoir de rencontrer son idole, Sylvie Vartan ; Luke, peintre dépressif en mal d’inspiration ; et Cora, concierge latino mélancolique rêvant de fuir en Norvège. Mais quand le mari de Cora est retrouvé mort dans les poubelles et qu’un natif de L.A se met à courtiser Lily à la française, la vie prend des tours inattendus au 500, Rossmore Avenue…

Une comédie délurée et subtile, dans l’esprit des Chroniques de San Francisco, où s’expriment avec justesse les fantaisies de l’âme humaine, la solitude et le doute.

.

Vanessa Caffin, que j’ai découverte et aimée avec Mémoire vive à la rentrée littéraire de septembre dernier, revient dans un genre bien différent.

.

De par l’univers, d’abord : nous voici transportés de l’autre côté de l’Atlantique, dans un monde d’apparences bercé par les médias et l’industrie du cinéma, où l’existence ne peut s’envisager sans la pratique régulière du shiatsu ?

De par la forme, aussi : si le personnage principal est, comme dans le précédent roman de l’auteur, une jeune trentenaire pleine de doutes et de questionnements, les personnages qui gravitent autour de cette Lily n’ont rien de secondaire – et la structure du texte, très séquencé, donne un rythme étonnamment visuel à l’ensemble.

De par l’univers, enfin, proche effectivement des Chroniques de San Francisco, ainsi que l’annonce la quatrième de couverture, mais aussi de Melrose Place, cette série dont je ne décollais pas il y a… hum… quinze ans, au moins.

.

Et cela fonctionne. A merveille, même. Car l’héroïne, donc, est française. Sans cliché, mais avec ce qui caractérise les Français et les oppose aux Américains. Chauvinisme ? Non, réalité, constat fait simplement, avec finesse et justesse.

« Les médias américains l’affligeaient. Le monde s’entretuait, les jeunes ne savaient plus manger, les plus jeunes ne savaient plus écrire, les plus vieux se retrouvaient sans toit, mais ces problèmes n’étaient rien comparés à la tumeur au cerveau du sénateur Kennedy. » (page 73)

.

La justesse, d’ailleurs, est le maitre-mot de ce roman. Des descriptions aux émotions en passant par les dialogues, tout sonne vrai. Comme si c’était la vie, et rien d’autre, qu’on avait mise dans ces pages.

« Ici, au paradis des acteurs, tout le monde jouait des scènes de vie, de rupture, d’amour, de dépit, apprenant son texte par cœur, ne laissant aucune place à l’improvisation, les gens ne disant jamais ce qu’ils pensent mais ce qu’ils imaginent que l’autre souhaite entendre, se félicitant d’être émotionnellement distants. Lily trouvait ça déplorable. Reste qu’elle n’avait pas le choix des armes. A trente-cinq ans, elle n’avait plus de temps à perdre, ce qui signifiait qu’elle n’avait plus non plus le temps d’être exigeante. » (page 79)

.

Et mon petit doigt m’a dit qu’il pourrait y avoir une suite aux aventures des habitants de Rossmore Avenue. Savoir que des personnages que l’on a aimés reprendront vie, n’est-ce pas le rêve de tout lecteur ?

Publicités

Une réflexion sur “Rossmore Avenue, Vanessa Caffin

  1. Pingback: Rossmore Avenue de Vanesssa Caffin « Je Lis, Tu Lis, Il Lit

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s