Le petit Malik, Mabrouck Rachedi

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Le petit Malik, c’est un peu le grand frère de La petite Malika.

Un roman court, illustré, et qui se lit extrêmement vite parce qu’il est séquencé et très rythmé.

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De 5 à 26 ans, Malik grandit.

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En banlieue, évidemment, et, comme la petite Malika, il ne ressemble pas exactement au stéréotype du gosse de cité véhiculé par les médias.

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Mais parce que le quartier a ses règles, le petit Malik doit bien s’y conformer, ne serait-ce que pour passer inaperçu :

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« 6 ans.

Pour illustrer sa phrase, Salomon asséna un méchant coup de latte à cet enfoiré d’Hicham.

Je l’ai imité.

J’ai pété deux dents de lait à Hicham.

Puis je me suis acharné sur Walid.

Plus personne ne m’a emmerdé pendant le reste de ma scolarité. » (page 29)

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Rare sont les écrivains qui évitent les clichés sur le sujet. Si Mabrouck Rachedi y parvient, c’est parce qu’il connaît cet univers et l’a toujours considéré avec lucidité (son blog s’intitule d’ailleurs la Nouvelle Racaille Française, et c’est tout dire). Un autre que lui tenterait de montrer la banlieue sous un jour flatteur, positif et simple qu’on crierait à la démagogie ou au prosélytisme. Mais là, on rit, et on comprend. Et parce que Mabrouck ne juge pas, on perçoit à quel point ce sont les lieux communs qui ont fait des gosses des cités et autres racailles de banlieue ce qu’ils sont.

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« 11 ans.

Du jour au lendemain, on est tous devenus des caïds genre on se regardait en chiens de faïence, on portait la casquette de travers, on se donnait du négro à qui mieux mieux et on se tapait le poing sur le cœur en guise de salut. L’attitude était notre nouveau credo, représenter notre verbe passe-partout. » (page 67)

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« 18 ans.

Ce nullard de Sam était rentré au centre de formation d’un club professionnel et suscitait des vocations mais bon, on allait tout de même pas caser tout le quartier en Ligue 1. » (page 132)

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« 26 ans.

Quand les autres s’appuient sur leurs relations, c’est du piston, quand c’est nous, c’est de la charité. Un cas typique de la mentalité du ghetto. » (page 203)

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Mabrouck Rachedi est un écrivain engagé (en voilà un qui n’a pas attendu le best-seller de Stéphane Hessel pour s’indigner). Ses combats sont évidemment pacifistes, mais il n’hésite pas à utiliser « sa plume comme arme d’expression massive ». « Le petit Malik » peut ainsi être vu comme un roman humoristique, un plaidoyer pour une meilleure considération de la banlieue ou un ouvrage politique.

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La lecture, après tout, est toujours une interprétation.

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2 réflexions sur “Le petit Malik, Mabrouck Rachedi

  1. Pingback: Le petit Malik de Mabrouck Rachedi « Je Lis, Tu Lis, Il Lit

  2. Pingback: Pourquoi écrivez-vous, Mabrouck Rachedi ? | Sophielit

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