5 questions à François Alquier, aka Mandor

  

Né il y a à peine une quarantaine d’années, François Alquier est journaliste et animateur, spécialiste de la culture.

Depuis six ans, il tient le blog Les chroniques de Mandor qui raconte « les tribulations d’un journaliste dans un monde culturo-superficielo-passionnant ».

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Il a rassemblé un grand nombre de ces chroniques et en a fait un livre éponyme, paru en février dernier aux éditions Laura Mare.

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http://www.mandor.fr/

  

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« Lorsqu’un auteur me plait, je peux lire trois ou quatre romans de lui à la suite – je n’arrête que quand je suis déçu. »

1. VOUS ET la lecture ?

Je suis parfois un lecteur compulsif, et parfois non. Je le suis quand j’ai le temps de l’être – pendant les vacances, par exemple, ou quand j’ai un vrai coup de cœur, et que la lecture du livre en cours devient prioritaire. Je suis encore lecteur compulsif dans le fait que lorsqu’un auteur me plait, je peux lire trois ou quatre romans de lui à la suite – je n’arrête que quand je suis déçu.

Et je ne le suis pas car j’ai des lectures obligatoires, puisque j’écris pour la presse. Mais le fait d’avoir cette contrainte me permet aussi d’aller vers des livres vers lesquels je ne serais pas allé sinon.

Je préfère lire les livres neufs, j’aime les « dévierger ».

Je les prête, mais c’est récent. Avant, j’étais trop fétichiste de l’objet pour pouvoir le faire. J’ai relativisé l’importance du matériel depuis que je suis papa.

Je n’annote pas les livres, mais je les corne ; et quand je les reprends ensuite, je sais exactement ce que je voulais retenir de la page ainsi marquée.

Le livre électronique, je m’en fiche. Je n’ai pas de raison d’être contre, mais je préfère lire un vrai livre.

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« Je suis obligé de suivre l’actualité littéraire, et cela m’empêche de prendre mon temps pour bien choisir parmi toute la production. »

2. VOUS ET les livres ?

Récemment, j’ai lu un thriller formidable : « Le psychopompe », de Dominique Maisons. Et, dans un genre différent, « B.a-b.a, la vie sans savoir lire » de Bertrand Guillot.

En ce moment, je lis « Je vous emmène au bout de la ligne », de Rodolphe Macia et Sophie Adriansen [je vous jure que c’est vrai, ndlr].

Les prochains sur ma liste : Dominique Fortier pour « Du bon usage des étoiles » (La Table Ronde), Sam Savage pour « La complainte du paresseux » (Actes Sud) et D.J. Connell pour « Julian Corckle est un fieffé menteur » (Belfond).

Je suis obligé de suivre l’actualité littéraire de par mes fonctions de journaliste littéraire. Cela m’empêche d’ailleurs de prendre mon temps pour bien choisir parmi toute la production – je suis, du coup, toujours en mode « urgence ».

Les livres primés, en revanche, cela dépend : j’ai lu le dernier Goncourt, mais parce que c’était Houellebecq – je n’ai pas lu les précédents qui ont reçu ce prix. Je n’aime pas tout ce qu’écrit Houellebecq, alors je voulais voir si celui-ci rentrait dans la catégorie de ceux qui me plaisent… et pas tant que ça, finalement, d’ailleurs.

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« Je ne peux pas m’empêcher de faire de l’autodérision ; je trouve que les messages passent mieux quand on n’est pas lugubre. »

3. VOUS ET l’écriture ?

J’écris à un rythme constant, quotidien.

J’écris mieux le matin – je suis un matinal, je me lève à cinq heures, et j’écris avec 125 tasses de café, ma drogue.

J’ai du mal à écrire s’il y a de la musique, mais par la force des choses je me suis habitué à avoir en fond sonore la chaîne Disney Channel.

J’écris toujours directement à l’ordinateur – je fais même les corrections comme cela. Je suis presque incapable d’écrire avec un stylo.

Et quand j’écris, je ne suis pas du tout influencé par ce que je lis. Je me considère comme un raconteur d’histoires vécues, j’écris assez simplement, presque comme on parle. Mais je ne peux pas m’empêcher de faire de l’autodérision ; je trouve que les messages passent mieux quand on n’est pas lugubre.

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« J’ai créé mon blog parce que je voulais prendre le temps de raconter ce que personne ne raconte. »

4. VOUS ET Internet ?

J’ai créé mon blog il y a six ans, parce que je rencontrais beaucoup d’artistes et qu’à l’époque – et c’est d’ailleurs toujours le cas – personne ne racontait les coulisses de la vie de journaliste professionnel. Sans doute voulais-je aussi me faire repérer par les gens du métier…

J’adore écrire, et je voulais aussi prendre le temps de raconter ce que personne ne raconte, sans les contraintes de nombre de signes, etc. imposées dans le cadre professionnel.

Je consacre beaucoup de temps à mon blog, beaucoup trop selon ma femme. Je poste deux à trois notes par semaine, et je consacre une à deux heures par note. Quand je manque vraiment de temps, je scanne des articles déjà parus dans les magazines pour lesquels j’écris.

L’existence de Mandor m’a permis de me faire remarquer, comme je l’espérais. Indirectement, j’ai fait beaucoup de rencontres grâce à ce blog. Et beaucoup d’artistes me contactent désormais directement pour être interviewés.

Internet, c’est ma maîtresse. J’ai un rapport addictif, j’ai du mal à m’en passer, j’aimerais décrocher… Quand je pars deux-trois jours quelque part, je fais exprès de ne pas emporter d’ordinateur – sinon, je passe mon temps à cela.

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« Je réfléchis au tome 2 des Chroniques de Mandor. Et j’aimerais faire à nouveau de la télé et de la radio… »

5. VOUS ET vos projets ?

Je réfléchis au tome 2 des Chroniques de Mandor. Je veux trouver un biais différent, pour que ça ne soit pas juste une suite. Je voudrais mêler cela à mon expérience de jeune écrivain, comme dans le livre « L’auteur », que j’adore, de Vincent Ravalec.

Les salons reprendront pour moi à la rentrée, avec celui de Lyon à l’automne. D’ici là, je serai à la médiathèque de Groslay (95) le samedi 7 mai prochain.

Quand à mes autres projets… ce sont plutôt des souhaits. J’aimerais faire à nouveau de la télé et de la radio, c’est d’ailleurs aussi pour me faire repérer dans ce domaine que j’ai fait ce livre. J’aime la presse écrite, mais elle ne me suffit plus : il me manque le côté vivant, réactif. Quand on écrit, on est seul, et j’aime le contact, j’en ai besoin. Même si je continuerai toujours d’écrire…

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