Facebook m’a tuer, Alexandre des Isnards & Thomas Zuber

« Grâce à Facebook, on récolte ce que l’on « s’aime ». On se sculpte un « moi » avec des gens qui vous admirent, vous cajolent, vous encouragent en échange du même traitement. On ne se recadre pas, on ne polémique pas. On s’aime. » (page 26)

.

« On s’est fait nos mamours par tchat, on s’est raconté notre quotidien formidable sur nos murs, que reste-t-il à nous dire dans le blanc des yeux ? Rien, si ce n’est ce qu’on ne dit pas sur Facebook, c’est-à-dire ce qui va mal. Et ça, personne n’en a envie. » (page 43)

.

« Aujourd’hui, tout le monde a peur de s’engager, de bloquer son agenda, de rater un meilleur plan. Tout le monde veut avoir le choix… jusqu’au dernier moment. […] Pour nous aider à ne pas choisir, Facebook a inventé le « je viendrai peut-être ». » (page 44)

.

« C’est quoi cette histoire, elle ne m’a pas googlé avant de venir ? On n’avoue pas qu’on a googlé l’autre, mais on aimerait bien que l’autre nous ait googlé. » (page 77)

.

Au bureau, en vacances, lors d’une soirée entre amis ou d’un dîner en tête-à-tête… Tous les comportements ont été modifiés (durablement ?) par l’incursion non-violente (quoi que…) de ces moyens de rester connecté en permanence. Et de partager ce que l’on vit à vivre ce que l’on veut partager, il n’y a qu’un pas… que les auteurs de « Facebook m’a tuer » s’emploient à relever avec justesse.

« Aujourd’hui, nous enfilons nous-mêmes nos bracelets électroniques pour nous épier mutuellement. Orwell, c’est du passé. » (page 284)

.

Les comportements en ligne – jeux, sites de rencontres – et leurs impacts sur la vraie vie sont épinglés.

« Les applications miroir et thermomètre font partie des plus téléchargées. Pourtant, dans un iPhone, il n’y a ni mercure pour faire thermomètre, ni feuille d’alu derrière l’écran pour faire miroir. Mais on aime penser que nos téléphones peuvent tout faire. Et surtout, on adore leur faire faire des choses qui ne servent à rien. » (page 86)

.

Derrière l’anecdote qui fait rire, derrière le bon mot, il y a surtout de la lucidité. Et le constat, d’ailleurs, s’il n’était pas présenté avec humour, ferait froid dans le dos. « Inquiétant », dit la quatrième de couverture. Flippant, même, quand le virtuel devient plus urgent, plus important que le réel.

Mais point ici de jugement – et c’est sans doute ce qui fait le succès des ouvrages d’Alexandre des Isnards et Thomas Zuber, celui-ci étant à mon avis promis à un avenir encore plus beau que le précédent, vendu à plus de 85.000 exemplaires à ce jour : ce livre est un miroir, on n’est guère différents les uns des autres, et vous en conclurez ce que vous voudrez quant à votre propre cas.

« Facebook m’a tuer » est à lire pour prendre conscience de la pente sur laquelle on glisse, et à offrir pour réveiller ceux qui en ont besoin…

.

http://facebookmatuer.com/

Publicités

3 réflexions sur “Facebook m’a tuer, Alexandre des Isnards & Thomas Zuber

  1. Pingback: Facebook m’a tuer d’Alexandre des Isnards & Thomas Zuber « Je Lis, Tu Lis, Il Lit

  2. Pingback: 5 questions à Alexandre des Isnards | Sophielit

  3. Pingback: Et toi, t’es qui ?, Mat Hild | Sophielit

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s