Confessions d’une radine, Catherine Cusset

 

« Etre radin, ce n’est pas simplement avoir du mal à ouvrir sa bourse.

C’est autre chose dont je parle : une attitude de suspicion, de rétention, de calcul et de paranoïa.

Je la condamne et je me bats contre elle. […] Mais elle est un instinct premier. » (page 69)

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Petit format, et donc petit prix, pour ces confessions ; y a-t-il un quelconque lien ?

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Présentation de l’éditeur :

« Je suis radine mais j’aimerais ne pas l’être. J’espère que vous le comprenez. Vous ne pouvez pas me faire honte. C’est moi qui vous raconte tout. Je me confie à vous. La première victime de ma radinerie, c’est moi. En effet je crois que vivre c’est dépenser, jouir-perdre sans compter. Ne pas compter.

Surtout, ne pas compter. Je peux me mettre en colère contre moi. Je peux réagir contre. Il n’en reste pas moins : mon premier instinct, c’est d’être radine. »

Le témoignage de Catherine Cusset est à la fois émouvant et très drôle. Il y a, dans le geste d’écrire ainsi, avec sincérité et humour, sur un sujet a priori dévalorisant, une authentique générosité. Catherine Cusset dépense ses mots sans compter.

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Une radine, assumée mais malheureuse, dresse donc son ambivalent autoportrait en une poignée de situations plus ou moins cocasses, vols, mesquineries, ruses et autres supercheries. Cela a du lui demander un certain courage – et probablement générer assez de réactions dans son entourage (ou de non-dits) pour envisager un ouvrage sur l’après-confession. Il n’est d’ailleurs pas évident que la compassion soit le but recherché ici par Catherine Cusset, même si l’absence de concession à son égard la rend attachante.

L’auteur évoque aussi dans le livre son rapport à l’écriture dont elle a parlé par ailleurs : « Je me demande si parfois je n’écris pas par radinerie. D’abord écrire ne coûte pas cher, du papier, un crayon et son temps mais radin est très prodigue de son temps, un vieil ordinateur… L’écriture est une façon de réinvestir tout ce qui vous arrive, de créer à partir de votre vie, de vos sentiments, de vos sensations, de votre imagination. L’écriture permet de ne rien perdre. Dans ce sens, c’est très proche de la radinerie qui a cette angoisse du vide, le radin a besoin d’avoir des réserves, l’écrivain a des réserves de mots. »

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Ce petit livre (139 pages), finalement très drôle, se lit particulièrement vite, on passe de chapitre en chapitre avec légèreté, emmené par la plume alerte de l’auteur qui n’en est pas à son coup d’essai.

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Et, évidemment, on ne referme pas l’ouvrage sans s’être interrogé sur son propre rapport à l’argent… (si vous l’offrez, ne choisissez pas le destinataire au hasard, au risque de le regretter !)

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Une réflexion sur “Confessions d’une radine, Catherine Cusset

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