Une affaire de correspondance

Quand on me parle de correspondance, je pense métro – ou tout autre moyen de transport.

Quand on me parle de correspondance en littérature, les trains s’envolent, les avions quittent la gare, mille fenêtres s’ouvrent.

« La correspondance », c’est justement le thème de la manifestation « A vous de lire » 2011, qui démarrera mercredi – jour de la Ste Sophie – par l’inauguration du train A vous de lire – Littératour qui sillonnera toute la France.

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De tous temps, les hommes de lettres ont écrit à d’autres (plus bas, une lettre inédite signée Colette, parce que les hommes de lettres sont aussi des femmes, souvent).

Un exemple que j’ai lu récemment est un petit recueil de lettres à propos de livres, 84, Charing Cross Road d’Helene Hanff – un bonbon acidulé à mettre entre toutes les mains qui aiment lire.

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Et en 2011 ? A l’heure d’Internet, des réseaux sociaux, des smartphones et de l’urgence, écrit-on ? Moins, sans doute, mais les correspondances n’ont que plus d’importance encore quand elles résistent à l’invasion de l’immédiat.

Et en littérature, cela peut donner des résultats aussi innovants que Dans l’attente d’une réponse favorable, un recueil de 24 improbables lettres de motivation signées Gilles Marchand.

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Non seulement la correspondance n’est pas morte, mais elle a encore de beaux jours devant elle !

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Sidonie Gabrielle Colette, dite COLETTE

Saint-Sauveur-en-Puisaye, 1873 – Paris, 1954

Lettre autographe signée de Sidonie Gabrielle Colette, dite Colette, probablement adressée à Maurice Ravel, sur papier à en-tête Le Matin, Paris.

À la demande de Jacques Rouché, directeur de l’Opéra de Paris, Colette travaille à un livret pour un projet de ballet, qui se transforme en livret de fantaisie lyrique dansée : L’Enfant et les sortilèges. À partir de 1916, elle collabore avec Maurice Ravel qui n’achèvera la musique qu’en 1924. La fantaisie sera créée à l’opéra de Monte-Carlo, le 21 mars 1925, sur une chorégraphie de Georges Balanchine. Cette lettre, sans doute adressée à Ravel, semble évoquer un projet de création à Londres. Colette informe le compositeur de son entrevue avec la ballerine russe Anna Pavlova : « Elle trouve la chose très intéressante mais elle demande qu’on lui envoie la réduction pour piano avec le scénario écrit dessus […] elle dit qu’elle monterait la chose à Londres tout de suite ».

Lettre issue de la collection du Musée des Lettres www.museedeslettres.fr (tous droits réservés).

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4 réflexions sur “Une affaire de correspondance

  1. RECTIFICATION : La lettre de Colette, très intéressante, ne peut EN AUCUN CAS être adressée à Maurice RAVEL. Dans TOUTES ses correspondances connues au compositeur (récemment éditées et reproduites en facsimilé par Michel DELAHAYE dans l’article « L’ENFANT ET LES SORTILEGES. RAVEL, COLETTE, DIAGHILEV » aux CAHIERS MAURICE RAVEL n°13 parus en 2010 aux éditions SEGUIER-ATLANTICA, pages 31 à 73), Colette le VOUVOIE systématiquement, certes en commençant ses lettres par « CHER AMI ». Le destinataire de la lettre (« CHER VIEUX… ») de Colette conservée au Musée des Lettres et Manuscrits est donc nécessairement une autre personne que l’auteur de « l’Enfant et les Sortilèges »…
    Bien cordialement,
    Manuel Cornejo (chercheur sur les aspects méconnus de la biographie de Maurice Ravel et sur la correspondance inédite de ce dernier)

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    • Merci pour votre passage sur ce blog et pour cette précision qui ne manquera pas d’intéresser ceux qui conservent précieusement ces lettres…

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