Isabelle, à m’en disloquer, Christophe Esnault

 

« Elle me disait hier

donner plus facilement

à un homme son derrière

qu’elle ne lui confierait son roman inédit

 

Aux amants, les femmes ne doivent pas

faire lire les livres qu’elles font

Maguerite Duras »

(page 16)

 

Elle, c’est Isabelle. Face à elle, le narrateur, fou amoureux, qui écrit toute raison mise à part pour rendre compte de cette passion infinie qu’il vit, tout en laissant, et c’est la preuve qu’il s’agit là d’un vrai amour, sa belle intervenir dans ses mots.

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Présentation de l’éditeur :

Dominée par l’ombre psychotonique de Sarah Kane, cette performance poétique de Christophe Esnault oscille entre deux fièvres sans remède : la passion amoureuse et la passion d’écrire. 

Isabelle, à m’en disloquer renouvelle en la radicalisant la double quête du beau et de soi dans l’autre, au fondement du lyrisme amoureux. Les accès fébriles de la syntaxe, quasi asthmatique, laissent entendre mezzo tinto les éclats d’une voix douce, inquiète, confiante dans la fonction rédemptrice de l’écriture poétique – et voir la présence du monde quotidien.

 

Témoin érotique et texte littéraire d’une Grande Passion, Isabelle, à m’en disloquer propose quatre interventions de la dédicataire, échos intimes de l’autre voix amoureuse mêlée à celle du poète. Suite poétique à l’ironie tendre, le livre bénéficie d’une mise en scène graphique élaborée en relation étroite avec le corps du poème.
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Cet ouvrage est un OLNI, un objet littéraire non identifié. Il ne rentre dans aucune case, et même la forme du texte, sa mise en page, se plie aux exigences des mots. Il se lit comme on distille, petit à petit, car les mots se savourent, tandis que se dessine en creux une histoire belle et profondément ancrée dans le réel – une histoire banale, somme toute, mais unique et forte.

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« Ne me demande pas si je t’aime exiges-en la preuve » (page 23)

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Jeux de mots et jeux de chiffres alternent avec petites phrases à conserver précieusement et histoires qui donnent envie de jouer.

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« Un rendez-vous

poétique phénomène

jeune homme qui

dans le métro s’adresse aux passagers

bonjour à tous

et merci de votre attention

je sais je ne suis pas le premier

je suis célibataire

depuis trois ans huit mois vingt et un jours

je m’adresse à vous surtout aux femmes

je vais passer parmi vous

si vous avez envie de me connaître

laissez-moi une adresse Facebook un mail

un numéro de téléphone

je me contente aussi d’un simple sourire

merci mademoiselle le vôtre est envoûtant »

(page 30)

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J’espère qu’Isabelle, qui qu’elle soit, n’exigera désormais rien de moins que la production d’une telle performance écrite comme preuve d’amour.

Autant dire que la barre est haute, mais en amour, aucune exigence ne l’est trop.

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Quand à Christophe Esnault, il est notamment l’un des agitateurs de la revue Dissonances.

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Le site de l’éditeur : http://www.lesdoigtsdanslaprose.fr/

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Quelques extraits à découvrir ici : http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/3/91/90/37/EXTRAITS/EXTRAITS-WEB-ISABELLEAM-EN.pdf

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3 réflexions sur “Isabelle, à m’en disloquer, Christophe Esnault

  1. Pingback: Isabelle, à m’en disloquer de Christophe Esnault « Je Lis, Tu Lis, Il Lit

  2. Pingback: L’Amour ne rend pas la monnaie, Christophe Esnault | Sophielit

  3. Pingback: Note de lecture : « Isabelle, à m’en disloquer  (Christophe Esnault) | «Charybde 2 : le Blog

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