Le musée de la sirène, Cypora Petitjean-Cerf

 

« Dans le restaurant chinois en face de chez moi, il y a un grand aquarium. Truites roses, truites grises, trois crabes aux pinces ficelées, et une petite sirène.

Avant-hier, j’ai plongé le bras dans l’eau. Personne ne m’a vue. J’ai capturé la sirène. »

.

Ainsi commence cet envoûtant roman qui nous plonge dans les aventures d’une femme-poisson et d’une autre femme, celle qui s’en empare…

.

Présentation de l’éditeur

Annabelle est artiste peintre. Un soir, elle pousse la porte d’un restaurant chinois. Elle plonge la main dans le grand aquarium qui décore le lieu, saisit la sirène qui nage parmi les poissons et s’enfuit. Annabelle installe la créature dans sa baignoire.

Et la dépendance commence. La sirène exige des soins, de l’attention. Elle grandit, embellit, devient forte et autoritaire. Elle dévore l’énergie d’Annabelle et tarit son inspiration. Annabelle se laisse faire, en victime consentante. La femme et la sirène n’ont plus qu’une vie pour deux. Un beau jour, la sirène révèle ses dons de peintre et de dessinatrice. Elle possède un talent exceptionnel et ne tarde pas à se faire connaître. Ses œuvres hypnotisent et fascinent le monde. Annabelle, elle, protège la sirène au péril de son propre équilibre. Malgré son mariage avec le solide Francis, malgré la naissance de ses enfants, la jeune femme continue à vivre sous le joug de sa singulière compagne. Jusqu’au moment où cette dernière commence à décliner. Peu à peu, la sirène rapetisse, se dessèche, perd ses cheveux et ses écailles. A mesure qu’elle s’affaiblit, Annabelle renaît… Ce roman parle de domination, d’amour, d’identité féminine et de création. On y croise pêle-mêle un restaurateur mafieux, un producteur de disques dépressif, un étudiant en médecine fanatique, une journaliste, un directeur de galerie, deux touristes japonaises, une paire de faux jumeaux, une poignée d’adultes et d’enfants qui veulent apprendre le dessin, et aussi de l’eau. Beaucoup d’eau.

.

Ce bref roman est une petite pépite comme on aimerait en lire plus souvent. « Les 128 pages du Musée de la sirène se gobent comme une huitre accompagnée de chardonnay », commente le magazine L’Express suisse au dos de l’édition poche. C’est très vrai.

De cette histoire un peu folle, on ne fait qu’une bouchée – iodée, bien sûr – pourtant elle reste gravée longtemps ; plus encore, il ne sort plus de l’esprit lorsqu’on l’a lu, comme s’il on avait partagé, comme Annabelle, un moment de l’existence de cette sirène.

.

Un roman court, donc, particulièrement rythmé, découpé en brèves séquences très imagées, mais doté d’un pouvoir supérieur à celui de bien d’autres textes très longs, un pouvoir très différent de celui d’une nouvelle même merveilleusement ficelée, même marquante, même un peu longue.

.

Une fantaisie inoubliable, sensible et touchante, d’une écriture percutante et sans fioritures, et qui ne nécessite pas de croire aux sirènes : pour l’apprécier, il suffit d’avoir conservée intacte sa capacité à s’émerveiller.

.

Par Cypora Petitjean-Cerf, voir aussi : Le corps de Liane

Publicités

4 réflexions sur “Le musée de la sirène, Cypora Petitjean-Cerf

  1. Pingback: La belle année, Cypora Petitjean-Cerf | Sophielit

  2. Pingback: 5 questions à Cypora Petitjean-Cerf | Sophielit

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s