Le dîner, Herman Koch

 

Présentation de l’éditeur :

Dans un grand restaurant d’Amsterdam, deux couples passent une soirée sous haute tension. Un huis clos étouffant et dérangeant, un roman coup de poing qui dresse un portrait à la fois ridicule et glaçant d’une bourgeoisie prête à renoncer à toutes ses valeurs morales.

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Succès phénoménal aux Pays-Bas, alliance détonante d’une comédie de mœurs à l’humour ravageur et d’un roman noir à la tension implacable, Le Dîner dresse le portrait de notre société en pleine crise morale.

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Deux frères se donnent rendez-vous avec leurs épouses dans un restaurant branché d’Amsterdam.

Hors-d’œuvre : le maître d’hôtel s’affaire.

Plat principal : on parle de tout, des films à l’affiche, des vacances en Dordogne.

Dessert : on évite soigneusement le véritable enjeu du dîner, les enfants.

Car leurs fils respectifs ont commis un acte d’une violence inouïe.

Un café, un digestif, l’addition.

Reste la question : jusqu’ou irions-nous pour préserver nos enfants ?

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Ce roman, dont la couverture aux couleurs vives ne passe pas inaperçue, a connu un grand succès dans toute l’Europe. Il me tardait de savoir pourquoi – j’ai vite compris.

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La construction, d’abord, en est ambitieuse : un découpage précis correspondant aux séquences d’une soirée au restaurant (apéritif, entrée, plat, dessert, digestif, pourboire), au total 330 pages pour un seul dîner. Un repas qui s’étire en longueur, tandis que l’intrique se nourrit de retours en arrière et s’épaissit de suspense.

A noter tout particulièrement, un effrayant passage sur l’invasion des Néerlandais en Dordogne, qui n’aurait pu être aussi juste s’il avait été conté par un auteur d’une autre nationalité.

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Les personnages, ensuite, sont complexes : les deux hommes sont deux frères très différents dans leur manière aussi bien de vivre que de penser, l’un d’eux est d’ailleurs un homme politique en vue, dont tout le monde pense qu’il sera le prochain premier ministre – ce qui signifie aussi que la tablée passe difficilement incognito dans ce restaurant couru où les tables sont réservées longtemps à l’avance. En retrait, leurs épouses ne sont pas transparentes pour autant. Et, comme dans toutes les familles, il y a des non-dits et des souvenirs occultés.

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« On n’a pas besoin de tout savoir les uns des autres. Les secrets ne sont pas un obstacle au bonheur. » (page 326)

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Le sujet, enfin, est ce qui fait que ce roman est inoubliable. Il met en scène la violence, la violence gratuite, la violence spontanée, la violence à mille lieues de l’éducation que l’on a donné à ses enfants.

Basé sur un fait divers survenu en Espagne, un triste fait divers, de ceux qui passent pourtant inaperçus de par leur récurrence, ce roman tragiquement actuel est un coup de poing.

Car il pose une question cruciale : doit-on protéger ses proches lorsque ceux-ci sont coupables ?

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11 réflexions sur “Le dîner, Herman Koch

  1. Après Le Cuisiner, de Martin Suter, je souhaitais rester dans la thématique culinaire (on ne se refait pas… gourmandise, quand tu nous tiens 😉 ) mais… mon libraire déconseille ce livre à qui veut l’entendre!
    Merci donc pour ce deuxième avis. Je vais voir si la bibliothèque l’a reçu… (eh oui, selon mon cerdo « tout en livre de poche »).
    Belle journée à tous!

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