La onzième heure, Isabelle Pestre

Présentation de l’éditeur :

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Comme chaque année, Lisbeth, onze ans, passe ses vacances au bord de l’Océan, en Charente-Maritime, dans la modeste villa aux volets verts de Tante Irène. Enfant lourde et passive, elle ennuie profondément Alice, sa mère, et ne suscite qu’indifférence chez son père. Pour ne pas importuner les adultes, Lisbeth traîne sa solitude et sa discrétion en rêvant devant la maison ou elle aime écouter la musique douce et rassurante des marées, jusqu’à se faire oublier. Cet été-là, sa mère la confie à une jeune fille, désignée comme telle par la famille –à quoi servirait-il de retenir son prénom puisqu’elle ne sert qu’une fois ? Mais la baby-sitter, elle aussi, abandonne l’enfant, préférant aller flirter sur la plage.

Livrée à elle-même, Lisbeth vit en retrait du monde, là ou son existence ne dérange personne. Mais un jour, elle rencontre Micha, un immigré albanais. Seul dans un pays dont il ignore la langue, le jeune homme puise du réconfort dans l’affection que lui porte Lisbeth. Et l’enfant, heureuse qu’on s’intéresse enfin à elle, lui livre son cœur tout entier. Jusqu’au drame…

Un premier roman initiatique évoquant Le Clézio, notamment Désert, ou l’indicible est décrit avec une précision et une acuité qui forcent l’admiration.

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Lisbeth, onze ans, est une petite fille qui souffre de l’absence de regard de ses parents. Enfant de vieux, il lui semble qu’elle existe à peine au sein de la famille ; quant aux enfants de son âge, ils ne lui prêtent d’attention que pour se moquer.

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« Dans son désarroi, elle n’a songé ni à crier ni à s’enfuir. Il n’y avait plus que cela, son espoir humilié. Et la honte de ne pas trouver en elle assez de sang-froid ou de colère pour riposter. » (page 22)

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Et la jeune fille qu’on fait venir cet été pour la garder, dans cette maison de Charente-Maritime où elle passe toutes les grandes vacances, n’a guère plus de considération pour elle, toute accaparée qu’elle est par le grand amour qu’elle vit.

Et puis un jour, Lisbeth rencontre Micha, un jeune Albanais qui parle à peine le français. C’est le début d’une forme particulière d’amitié.

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« Lisbeth lui donne à voir son étroit royaume d’été – pin, sable, gaufre, coquillage et débris de verre roulé opacifiés par le sel qu’elle lui offre comme des bijoux. Mais lui ne prend que son regard qui le ramène à ce qu’il fut. Non pas un vagabond, ce pauvre hère dont l’ombre indifférente se confond avec d’autres semblables, mais le Micha dont maintenant il se souvient, et qui avait dansé en ce lointain soir de noces, si vif, si preste, si léger. » (page 87)

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Un drame est prévu, annoncé ; il tarde cependant à arriver, rendant un peu trop longs les chapitres qui le précédent. Mais lorsqu’il surgit, c’est une explosion, suspens et sentiments confus. Impossible alors de lâcher l’ouvrage.

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« Leur paix se brise comme une porcelaine. Les éclats jonchent le sol. Le bonheur est-il le vase, ou le vide enfermé ? » (page 119)

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La Onzième heure, plus que par l’intrigue proposée, se distingue par le style de son auteur, Isabelle Pestre, dont c’est le premier roman. Un style littéraire, très écrit, peut-être trop, qui aurait gagné en intensité s’il avait été quelque peu épuré. Car ce style vient alourdir, si ce n’est encombrer, la première moitié de l’ouvrage, tandis qu’il sait se faire plus discret ensuite – tout est question de mesure.

Dans tous les cas, il marque, indéniablement, l’émergence d’une plume à suivre.

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« Si l’on se regardait vraiment, la vie serait insupportable, n’est-ce pas ? » (page 176)

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A propos de l’auteur :

Isabelle Pestre, 46 ans, vit à Versailles et séjourne régulièrement en Anjou.

Mère de cinq enfants, elle a dirigé pendant quinze ans une société de surveillance médias. L’écriture est depuis toujours une passion et Isabelle Pestre y consacre aujourd’hui la majeure partie de son temps. La Onzième Heure est son premier roman.

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Ce billet a aussi été publié il y a quelques jours sur le site La Cause Littéraire.

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2 réflexions sur “La onzième heure, Isabelle Pestre

  1. Un très bon livre, rajeunissant, agréable, léger. Un nouvel auteur qui promet et qui serait intéressant de suivre! Personnellement, je l’ai lu en quelques heures et l’ai conseillé autour de moi. D’ailleurs, les retours sont tous (très) positif!!
    Je ne peux que vous conseiller de courir l’acheter, et de vous faire plaisir 🙂

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