Les souvenirs, David Foenkinos

 

« Je voulais dire à mon grand-père que je l’aimais, mais je n’y suis pas parvenu. J’ai si souvent été en retard sur les mots que j’aurais voulu dire. Je ne pourrai jamais faire marche arrière vers cette tendresse. Sauf peut-être avec l’écrit, maintenant. Je peux le lui dire, là. »

David Foenkinos nous offre ici une méditation sensible sur la vieillesse et les maisons de retraite, la difficulté de comprendre ses parents, l’amour conjugal, le désir de créer et la beauté du hasard, au fil d’une histoire  simple racontée avec délicatesse, humour, et un art maîtrisé des formules singulières ou poétiques.

 

Le thème de la mémoire familiale est à la mode. Les parcours personnels dans lesquels chacun finit par se retrouver sont en vogue.

Ici, à ses propres souvenirs, David Foenkinos ajoute ceux de ses proches, ceux de figures publiques – Patrick Modiano, Francis Scott Fitzerald, Claude Lelouch – et ceux d’inconnus, d’anonymes, reprenant le rythme qu’on lui a connu dans La délicatesse, incursions de morceaux de réel dans la fiction (quand ce n’est pas l’inverse), égrenant au passage les phrases à relever comme autant de perles argentées sur un dessert.

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« Le matin vient quoi qu’il arrive. » (page 153)

« J’aime qu’on choisisse son camp. » (page 109) [moi aussi, je hais les pavillons]

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David Foenkinos fait la démonstration que l’on peut aborder un thème difficile avec légèreté, sensibilité et humour.

Les souvenirs est un beau roman populaire, très accessible – deux qualités qui agacent ceux qui ne connaissent pas le même succès ; un beau roman plein de bienveillance, qu’on ne lâche pas, dans lequel son auteur se livre plus, sans doute, que dans aucun autre.

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Du même auteur sur ce blog :

Six façons de le dire (Bernard)

La délicatesse

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19 réflexions sur “Les souvenirs, David Foenkinos

  1. Parviendrais-je à écrire un si joli billet sur cet ouvrage dont la lecture me laisse on va dire … pensive.
    En le refermant hier je pensais précisément à notre conversation ensemble, dans un parc, et je comprenais mieux ce que tu m’avais dit à son sujet.
    Il y a plein de petites citations effectivement. Chacun retiendra celle qui le touche le plus selon son humeur du moment. Moi ce serait : il fallait pas chercher l’amour pour le trouver (p.85)
    A suivre puisqu’il y a je crois de belles promesses autour de ce livre.

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  2. tiens, les mêmes constats que moi mais avec un ressenti totalement opposé : j’aime bien voir le lecteur impliqué dans un livre, et observer à quel point celui-ci se l’approprie, le transforme.
    merci pour ce billet et au plaisir des échanges !

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  3. Celui-ci me laissera le (bon) souvenir d’une lecture plus grave qu’il n’y paraît, malgré des traits d’esprit et un sens de la formule qui pourraient être assimilés à de la superficialité.

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  4. Pingback: L’Envolée des livres 2012, Châteauroux les 14 et 15 avril | Sophielit

  5. Pingback: La rentrée littéraire de David Foenkinos | Sophielit

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