Des vies d’oiseaux, Véronique Ovaldé

Quand sa fille Paloma déserte sans prévenir la somptueuse villa familiale, Vida Izzara croit en deviner la raison : elle serait partie avec son amant vivre une vie moins conventionnelle. Jusqu’au jour où Vida comprend que c’est elle aussi que Paloma fuit. Aidée par Taïbo, qui enquête sur un couple de jeunes gens habitant clandestinement les demeures inoccupées de la région, elle part à la recherche de sa fille. Ce périple la conduira de l’Irigoy de son enfance aux recoins secrets de son cœur. 

Les vies d’oiseaux, ce sont celles que mènent ces quatre personnages dont les trajets se croisent sans cesse. Chacun à sa manière, par la grâce d’un nouvel amour, est conduit à se défaire de ses anciens liens – conjugaux, familiaux, sociaux – pour éprouver sa liberté d’exister.

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Ce roman, qui met un peu de temps à démarrer, prend véritablement son ampleur lorsque se fait plus réel le personnage de Paloma à l’occasion de la maladie qui frappe sa bonne amie Chili.

Et on se laisse happer par le rythme saccadé, trépidant de l’intrigue. Dès que l’on part un peu trop dans les hauteurs, dès que l’on s’envole un peu plus dans l’imaginaire, le fantastique presque, entre en piste un élément bien réel, qui nous ramène d’un coup sur la terre ferme. Cela peut être le cancer de Chili, un tableau de Bacon, une date ou le nom de la ville d’Ottawa, surgissant après des pages d’Irigoy et de Villanueva.

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Avec son écriture lumineuse, solaire, semblable à nulle autre, Véronique Ovaldé nous interroge sur le sens de nos vies et de nos libertés, sur notre rapport au temps, aux hommes (puisque les femmes, dans ce roman-ci à nouveau, ont les rôles les plus beaux, les plus denses), aux enfants, et sur notre capacité à nous défaire de notre passé ou à composer avec lui.

Son univers permet d’aborder les sujets les plus graves sans que le lecteur ne s’en trouve désarçonné – il est au contraire emporté et ne pourra oublier de sitôt ces Vies d’oiseaux.

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« Au fond le seul problème c’est que Vida a peur d’oublier d’où elle vient et elle a peur que personne ne le devine jamais. » (page 39)

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« Les raisons pour lesquelles on reste ne sont pas toujours faciles à expliquer. » (page 110)

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« Sa mère était très belle, mais tout un chacun ne trouve-t-il pas incommensurablement belle sa mère sur les clichés qui datent de l’âge de pierre ? » (page 135)

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Du même auteur sur ce blog :

Ce que je sais de Vera Candida (et remise du Prix des Lectrices ELLE 2010)

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Roman-coup de cœur lu dans le cadre des matchs de la rentrée littéraire de PriceMinister, que je remercie.

10 réflexions sur “Des vies d’oiseaux, Véronique Ovaldé

  1. un coup de coeur pour moi aussi. Véronique Ovaldé a vraiment une plume mégère et fantaisiste et sait nous transporter avec elle dans son monde.
    et c’est vrai que son monde a beau être imaginaire, il est rattaché au réel, par de petits détails comme ceux que tu cites, mais aussi, je crois, par une vision plus générale, ce lieu imaginaire représentant à la fois une partie du monde et le monde tout entier, comme une sorte de microcosme.

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  2. Pingback: La comtesse de Ricotta, Milena Agus | Sophielit

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