Si peu d’endroits confortables, Fanny Salmeron

Si peu d’endroits confortables, c’est ce qu’Hannah écrit sur les murs, sur les bancs, dans le gris de Paris.

Hannah vient d’être quittée par sa compagne, et ses pensées sombres s’entremêlent avec celles de Joss, un peintre venu de loin, pas moins perdu, et à qui Hannah va ouvrir les portes de sa vie.

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« Je ne sais pas si deux solitudes s’annulent, je ne sais pas si elles se consolent. Je ne sais pas si au contraire elles ne forment pas un vide encore plus grand. »

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Dans Si peu d’endroits confortables, il est question de Paris, un peu, mais surtout d’amour, et plus généralement de rapports humains. Désespérément, les deux héros recherchent cette chaleur qui ne peut venir que du cœur.

« Les lumières de Paris dont on parle sont fausses. Dans les yeux des gens, ce sont des néons et pas des étoiles.

Rien ne brille pour de vrai. A part, de temps en temps entre les arbres, les phares du métro aérien. »

« J’aime bien l’hiver. C’est une saison où on peut se blottir contre les gens sans qu’ils te demandent pourquoi. Tu te blottis parce que tu as froid et les gens n’ont pas besoin de savoir que le courant d’air est à l’intérieur. »

Ce roman court finira mal, on le sait dès le départ, et cela, ajouté à l’écriture de Fanny Salmeron qui semble flotter au-dessus de pages, fait que l’on ne peut se défaire de l’irrépressible envie d’en connaître le dénouement – car un immense espoir naît au fil des chapitres, tant les personnages sont attachants.

« Je sais qu’on ne peut pas passer sa vie à justifier ses choix. C’est déjà assez compliqué de les faire. Et surtout, la plupart du temps, il n’y a pas d’explication valable. »

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Fanny Salmeron, dont c’est le premier roman, égrène les phrases comme autant de perles toutes différentes, uniques, mais toutes aussi belles dans leur singularité – on ne compte pas celles que l’on tient à relever de par leur justesse, leur force ou leur musique. Et si on admire la magie de chacune individuellement, le collier qu’elles forment toutes ensemble devient, forcément, un objet précieux que l’on chérit.

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A propos de l’auteur :

Fanny Salmeron a 28 ans et vit à Paris avec un chat sociopathe. Son travail à plein temps, c’est de tomber amoureuse. Elle écrit dans la revue Bordel et lit en robe partout où on l’écoute.

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Ce billet a aussi été publié il y a quelques jours sur le site La Cause Littéraire.

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8 réflexions sur “Si peu d’endroits confortables, Fanny Salmeron

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