Un certain Pétrovitch, Fabrice Lardreau

Présentation de l’éditeur :

Patrick Platon Pétrovitch est chef comptable, mais apparemment, il est plus comptable que chef. Son problème ? L’autorité. Son destin ? L’ennui, la vie monotone d’un rond-de-cuir. Or, les choses vont changer, car il a une autre activité : il est Spiderman. La nuit, il traverse l’Atlantique pour rejoindre l’Académie des super-héros et apprendre à sauver le monde.

Qu’il s’agisse des voisins, des collègues, des voyous du métro, des terroristes ou de la jolie Sonia, Pétrovitch est là ! Rien ne lui résiste. Il fait bientôt la une des journaux, des télévisions, même le président de la République doit s’incliner. Qui pourrait arrêter l’ascension de Pétrovitch ? Qui, sinon Patrick Platon Pétrovitch lui-même ?

.

Patrick Platon Pétrovitch est un antihéros dans toute sa splendeur. Chef comptable au physique passe-partout, il n’est guère estimé dans l’entreprise qui l’emploie (dans laquelle règne le fameux principe d’incompétence défini par Peter et rappelé par Pétrovitch-Lardreau (page 217) : Avec le temps, tout poste sera occupé par un employé incapable d’en assumer la responsabilité.) – pas plus que dans la vie en général : même le serveur du resto voisin n’a aucune considération pour lui.

Et tout le monde ignore que, la nuit, Pétrovitch enfile le costume de l’homme-araignée et s’apprête à sauver la planète, puisqu’en apparence, sa vie peut se résumer à métro, boulot, dodo – à ce détail près que le métro est ici un RER, le B, bientôt théâtre de l’acte héroïque qui concourra à faire la renommée de Pétrovitch.

.

« Dans trois minutes, l’écran bleu clignotera, affichant « train à l’approche ». Je monterai à 7h46 dans l’avant-dernière rame, située juste en face des escalators (j’aime figurer en pole position), et voyagerai à travers la banlieue parisienne.

Compagnie : Régie autonome des transports parisiens.

Destination : Gare du Nord.

Durée estimée du trajet : vingt-deux minutes.

Conditions météos : grisâtres.

Services à bord : interventions musicales et campagnes humanitaires. » (page 25)

« Le RER B, donc. Pour un banlieusard, les transports en commun constituent une part importante de l’existence. A raison, en ce qui me concerne, et je suis loin d’être le plus mal loti, j’en ai conscience, d’une heure et demie par jour, que multiplient cinq jours, que multiplient quatre semaines, que multiplient onze mois – je retire les vacances, tout de même -, que multiplient quarante ans et des poussières, je ne sais pas jusqu’où l’âge de la retraite sera décalé, bref, en additionnant tout cela, cette migration quotidienne représente 11 088 heures. 462 jours : un an et demi dans ces tubes d’acier ! » (page 64)

.

Construit à la façon d’une toile contemporaine, colorée, augmentée d’incrustations diverses, Un certain Pétrovitch est un roman truffé d’humour, Patrick Platon Pétrovitch est un héros d’autant plus savoureux qu’il le devient malgré lui. Mais surtout, en dépit de toutes ses tares, il voue un véritable culte à Nicolas Gogol, à ses Nouvelles de Pétersbourg, et à l’une d’entre elles en particulier : Le Manteau. La mésaventure d’Akaki Akakievitch, et son histoire tout entière devient un leitmotiv, un fil conducteur, et participe à faire de ce roman un conte moderne.

Fabrice Lardreau revisite le texte russe qui, l’on s’en rend compte, n’a rien perdu de son modernisme, et donne envie au lecteur d’y replonger.

.

« « Et en quoi un écrivain, bolchévique de surcroit, serait-il un héros, monsieur Pétrovitch ? » « Ils inventent des mondes et ils transforment le nôtre, monsieur », ai-je répondu du tac au tac. » (page 180)

.

Si Un certain Pétrovitch est une fable sur notre temps, c’est aussi, et surtout, un bel hommage rendu à Nicolas Vassilievitch Gogol, et à l’interprétation que fait Vladimir Vladimirovitch Nabokov de son Manteau

 .

Ce billet a aussi été publié il y a quelques jours sur le site La Cause Littéraire, et Fabrice Lardreau répondra à mes questions dans le prochain billet.

Publicités

Une réflexion sur “Un certain Pétrovitch, Fabrice Lardreau

  1. Pingback: 5 questions à Fabrice Lardreau | Sophielit

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s