5 questions à Alexandre des Isnards

  

Alexandre des Isnards est licencié d’histoire et diplômé de Sciences Po. Il a une longue expérience en tant que consultant Internet en agence media et web agency.

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Il est l’auteur, avec Thomas Zuber, des best-sellers L’open space m’a tuer (Hachette littératures, 2008) et Facebook m’a tuer (Nil – Robert Laffont, 2011).

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http://www.lopenspacematuer.com/

http://facebookmatuer.com/

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(photos © 20 Minutes)

  

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« Je n’ai pas de fil directeur dans mes choix de lecture, mais des intuitions. »

1. VOUS ET la lecture ?

Je n’ai aucune régularité, ni constance dans la lecture. Je lis les livres que les proches me soumettent, que je vois dans leur bibliothèque, dont j’entends parler dans les médias. Une personne me parle d’un livre avec enthousiasme, je l’achète et le lis. Je n’ai pas de fil directeur dans mes choix de lecture, mais des intuitions. Je fais confiance aux gens que je croise. J’ai des phases. Besoin d’unité d’esprit pour me mettre à lire. Je lis beaucoup dans les transports en commun et en vacances. J’aime bien quand un livre me laisse une impression, une ambiance, qu’il me change, m’aide à devenir quelqu’un d’autre.

 

Le palais de cristal de Sloterdijck, Lunar Park de Bret Easton Elis, The music of chance de Paul Auster, The Black Dahlia de James Ellroy. L’Idiot, Carnets de Sous sol et Notes d’hiver sur impressions d’été de Dostoïevski, Le Gai savoir, Humain trop humain de Nietzsche…

Je lis les livres neufs ou d’occasion. Quand je les ai prêtés ou donnés (car j’aime les diffuser), je les rachète pour moi car il me les faut sous la main. Je ne les corne pas (j’utilise un marque-page), ne les annote pas. Sauf les poches, au crayon à papier. Je n’arrive pas à laisser une marque indélébile sur un livre quel qu’il soit. 

Je n’ai rien contre les livres numériques tant qu’ils ne sont pas piratés. Pour l’instant, ça a l’air bon. Mais je ne suis pas tenté.

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« Mon rapport à l’actualité littéraire a changé. »

2. VOUS ET les livres ?

J’ai lu récemment L’adversaire d’Emmanuel Carrère, Les particules élémentaires de Michel Houellebecq que je voulais lire avant de lire La carte et le territoire.

Je viens de terminer Les tyrannies de la visibilité, un ouvrage sociologique collectif de Nicole Aubert. 

Je suis en train de lire Le Roman français de Beigbeider. 

Mon rapport à l’actualité littéraire a changé. Je ne m’y intéressais pas du tout. Mais depuis les deux livres co-écrits avec Thomas, je suis plus sensible à ce que racontent les auteurs sur leur travail, sur leurs vies. Avant, j’étais plutôt contre Sainte-Beuve. Maintenant, je trouve qu’il y a à prendre.

Les livres primés sont mis en avant donc ils me tombent sous les yeux mais leur médaille ne m’influence pas plus que ça, sauf le Nobel.

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« J’écris ce que les gens disent. C’est de la sociologie illustrée. »

3. VOUS ET l’écriture ?

Je fonctionne comme un panier à crabes ambulant. Je chope des expressions, des idées un peu partout et je les note quand je les trouve révélatrices de ce que nous sommes. Le problème c’est que je les note partout. Et je les perds. Mais je fonctionne comme ça. J’écris ce que les gens disent. C’est de la sociologie illustrée.

J’écris dans un bar ou chez moi, plutôt le matin car je suis en forme. Je choisis un bar où ils ne servent pas le déjeuner, comme ça, si je suis lancé, je continue. Je prends des notes sur des cahiers, sur mon iPhone (bloc notes) mais j’écris sur ordi. Le copier-coller change tout. En ce moment, je suis dans ma période crabe. Je sens des trucs, mais n’ai pas de projets, d’idées pour en faire un sujet.

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« Je suis hyper sensible à la critique, mais je veux qu’elle continue. »

4. VOUS ET Internet ?

Avec Internet, sur les blogs, les feedbacks sont directs et tranchants. Un bloggeur s’érige en justicier et pour se distinguer va parfois provoquer, forcer son jugement pour susciter des commentaires. Souvent, ça se résume à des billets d’humeur atrabilaires.

Mais Internet m’a aussi permis de lire des critiques beaucoup plus libres et plus intéressantes que n’importe quelle émission littéraire.

On croise de tout en fait. Il faut faire le tri. On sent quand il y a du travail sur le texte et c’est ça mon critère.

Vous l’avez compris, je suis hyper sensible à la critique, mais je veux qu’elle continue. Nous dénonçons la dictature du cool et du positif alors nous n’allons pas critiquer ceux qui argumentent et prennent position. En général, je sens ce qu’on va nous reprocher. D’ailleurs, les critiques qui font vraiment mal et qui demeurent sont celles qui sont fondées.

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« Je n’aime pas céder aux injonctions de l’urgence. »

5. VOUS ET vos projets ?

On nage en pleine promo du livre : salon, dédicaces, médias. C’est enthousiasmant. Mais c’est un exercice totalement différent. On vient débattre des thèmes que le livre Facebook m’a tuer a ouverts. La transparence, la vie en mode projet, les nouveaux modes de socialisation…  On n’a pas forcément raison, on ne détient pas de vérité, mais on ouvre le débat. Ça agace, ça intrigue, ça incite à lire. Tant mieux. 

Mais l’écriture prend du temps. Les paniers à crabes se remplissent sur la durée. Et l’envie d’écrie n’est pas automatique. Il faut un sujet, des histoires. Pour l’instant, rien de nouveau à l’horizon. Je n’aime pas céder aux injonctions de l’urgence. À court terme, je vais gagner ma vie autrement que par l’écriture et parler, lire, sortir de ma tanière que j’aime pourtant bien.

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