Les gars de Villiers, collectif

 

Ce projet est né de l’envie de dix jeunes – point commun : habitant tous la cité des Hautes-Noues à Villiers-sur-Marne, avant que l’amitié ne les lie plus durablement – de témoigner d’une réalité différente de celle que les médias présentent.

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Dans des styles différents, du plus parlé au plus littéraire, ils (Franklin ANZITÉ, Hadama BATHILY, Yann DAGBA, Fabrice DYNDO, Endy EBOMA, Gamal HAMADA, Samba KANOUTÉ, Mara KEITA, Yassine MOHAMMED et Mossi TRAORÉ) ont rédigé des textes individuellement ou ensemble, avant de partir en quête d’un éditeur – ce sera Ginkgo Editeur – et de voir leur travail introduit, thème après thème, par Pascale Egré, journaliste au Parisien.

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Sont abordés dans ces pages les sujets des origines, de la cité, du foot, du vol, de la drogue (et cette confession de Mossi qui avoue avoir dealé pour financer son permis de conduire), de la police et de la prison, de la religion, de l’amour et des filles, de la politique, du racisme et des identités (le racisme, « il existe dans tous les sens. Au quartier, ça passe d’abord par tous les préjugés qu’on entend sur les autres communautés », Mossi, page 217), de l’ailleurs, et de l’avenir – un avenir loin de la cité, et plus loin encore des clichés.

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Morceaux choisis :

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Origines

« J’ai compris que nous étions différents des autres enfants, car nous avions deux vies : l’une en France et l’autre au Mali. » (Samba, page 25)

« Ici t’es considéré comme un étranger et là-bas aussi. Voilà. » (collectif, page 30)

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La cité

« L’institution par excellence, le lieu convivial commun à tous le groupe, le centre qui a vraiment marqué notre jeunesse, c’était Charlie-Chaplin. Nous y avions à disposition un baby-foot, un billard, une table de ping-pong, une salle vidéo, des jeux de société et aussi des livres. La vérité, c’est que ces bouquins faisaient plutôt office de projectiles que d’outils de savoir – ce qui en dit long sur l’image qu’on avait alors du savoir. » (Yassine et d’autres, page 49)

« Eh oui, ça peut paraître bizarre, mais comme moi j’habitais dans un coin où on était les seuls Noirs – et déjà ça, c’était un problème – on allait pas en plus rajouter nos coutumes. […] Le mode de vie de mes potes était différent. Moi je kiffais ! Ils étaient toujours beaucoup à la baraque. Il y avait toujours du monde et une ambiance conviviale. Ton pote, quand il habite à l’étage du dessous, vous vous retrouvez en bas du bâtiment à plusieurs, ça discute avec un rien, ça joue, ça se tape des délires. Mais en contrepartie, c’est vrai, ça pisse dans l’ascenseur. » (Yann, page 57)

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Si certains avouent des remords, tous s’expriment franchement, s’affranchissant de la facilité et des bons sentiments, livrant ça et là des morceaux d’anthologie (du registre de la sensibilité à celui de l’humour avec le récit d’une classe de neige). Avec en prime, une galerie de portraits hauts en couleurs : les « figures du quartier ».

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A l’heure où les différences sont toujours plus stigmatisées, Les gars de Villiers, chant polyphonique qui donne à voir autre chose de ce terme forcément connoté qu’est la cité – et autre chose de ceux qui y grandissent – est un livre utile.

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2 réflexions sur “Les gars de Villiers, collectif

  1. Bonjour,

    Nous sommes actuellement en deuxième année de BEPA service a la personne a la Maison Familiale et Rurale de Baigneux-les-juifs en Côte d’Or .
    Nous devons organiser un projet d’ utilité social.
    Notre projet est d’organiser une action de prévention visant comme sujet la drogue dans la vie de nos quartiers et nous aurions voulu savoir si il était possible de contacter les auteurs des gars de Villiers pour une éventuelle intervention auprès des jeunes d’un collège de bourgogne.

    Je vous remercie d’avance d’une éventuelle réponse .
    Cordialement, les élèves de BEPA .

    J'aime

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