Je vais te dire…, Jean-Michel Bafourd

je-vais-te-dire

Les mots contre l’exclusion.

La parole est donnée à Jean-Michel Bafourd, qui a traversé trente-cinq ans de rue et de coups durs.

Habitué à se contenter de peu, l’homme se passe de fioritures, et juxtapose les séquences de son parcours comme autant de photos dans l’album de sa vie – qu’il illustre de dessins aux traits anguleux comme du fil de fer.

Avec détachement et humour, il pose son regard sans complaisance sur son passage à tabac, la prison, sa réinsertion (« Je crois que j’étais plus heureux dans la rue », page 21) et les étiquettes dont il est impossible de se défaire (« Parce que j’ai fait de la tôle, ils me prennent toujours pour un voyou. », page 27).

 

« Je suis une mouche ou une abeille. Je n’ai jamais tué personne, mais j’ai blessé, pour me défendre. » (page 43)

Le langage parlé y est joliment écrit, sans effet de style, par Véronique Moisson qui lui prête ici sa plume. Le ton franc, parfois cru, rend compte de la rudesse avec laquelle Jean-Michel Bafourd a été balloté par l’existence.

Certains sujets viennent plus difficilement, révélant, tout comme les silences, la grande pudeur d’un homme qui pourtant a fait le choix de parler.

 

Ni mea culpa, ni tentative de justification, « Je vais te dire… » est avant tout le récit d’une solitude qui finit par prendre toute la place. Mais une solitude qui ne demande rien tant que d’être rompue avec ce petit volume, préfacé par Richard Violante, qui ressemble fort à une conversation.

 

http://www.villele-editions.fr/

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3 réflexions sur “Je vais te dire…, Jean-Michel Bafourd

  1. Bonjour, Je découvre des années après votre article sur « Je vais te dire ». J’ai passé plusieurs mois à rédiger ce livre avec Jean-Michel qui ne savait pas écrire. Il était alcoolique et souhaitait retrouver la mémoire, un travail que j’ai mené bénévolement pour lui en art thérapie.
    Chaque fois que je le voyais il me disait « Note bien, je vais te dire » d’où le titre du livre. J’aimerais quand même que mon nom soit mentionné, car c’est ma plume qui a noté, mes recherches qui ont permis de remettre de l’ordre dans ses propos, et c’est aussi moi qui ai reformulé ses phrases. Même si j’ai donné tous les droits financiers à Jean-Michel pour l’aider, « Je vais te dire » c’est ma plume d’écrivain qui s’est mise au service d’un homme démuni.
    Véronique Moisson

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    • Bonjour,
      Merci pour votre visite ici. J’ai mentionné votre nom dans les tags mais je le rajoute de ce pas dans l’article lui-même, bien sûr. Mon oncle est l’auteur de la préface, c’est lui qui m’a fait passer votre ouvrage.

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      • Merci, c’est sympa d’ajouter que je suis aussi l’auteure du livre, même si je l’ai fait bénévolement pour aider Jean-Michel. C’est important pour mon travail que l’on retrouve mes écrits. Et comme le livre est épuisé, je regardais si on pouvait encore en acheter…
        Oui, c’est moi qui ai présenté Jean-Michel à Richard, car il avait accepté de lire le livre pour une mise en scène. Votre oncle a vite cassé le projet. L’éditrice a été dégoûtée par son manque de respect pour Jean-Michel.
        Je découvre grâce à cette recherche que vous êtes aussi auteure et je me suis donc abonnée à votre Blog pour avoir les nouvelles !
        Encore merci.
        Véronique
        Ma compagnie : http://www.arts-multiples.fr

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