La belle année, Cypora Petitjean-Cerf

La belle année, c’est celle de Tracey Charles, onze ans, en classe de sixième au collège Jean-Lurçat de Saint-Denis dans le 9-3. Une année qui verra son amitié avec le beau Cosimo mise à mal, son changement de coupe de cheveux, le début de son histoire d’amour avec Rabah, l’idylle de son père avec Aminata, qui nettoie les cages d’escalier de la cité, ses premières vacances ailleurs qu’à Saint-Denis et la naissance de Saïa, sa demi-sœur fruit des amours de sa mère d’origine portugaise avec son beau-père japonais.

Une année pleine de rebondissements, de tracas et de promesses.

« Mon père se méfie des « gens de l’extérieur ». Je lui ai demandé où commençait l’extérieur, selon lui. Il m’a répondu : – En bas de la cage d’escalier. » (page 179)

 

Tracey, trop intelligente pour le milieu dans lequel elle évolue, est une petite fille fascinante, pleine de contradictions et déterminée. Persuadée d’être homosexuelle en raison de son admiration pour l’une de ses professeurs, ballotée entre des cultures aussi multiples que différentes, elle créé sa propre religion : le culte du Chiffre Huit, seule divinité à même de la comprendre.

« Maman n’aime pas les faits, ils la privent de sa liberté de mentir » (page 178)

« Les enfants sont intéressants à partir du moment où on les connaît bien. » (page 220)

 

En scènes courtes et extrêmement vivantes émaillées de dialogues drôles, au fil des quatre saisons, Cypora Petitjean-Cerf déroule le film de cette Belle année de son écriture si particulière, unique et très visuelle.

L’espoir émerge toujours des situations qui, si elles ne prêtaient à rire, rendraient amères – car des thèmes comme la maltraitance, l’intégration, l’échec scolaire, la religion, le désœuvrement et les relations intergénérationnelles sont aussi abordés.

 

Sur un ton espiègle, employant un présent et une première personne du singulier qui renforcent la proximité de la jeune narratrice avec son lecteur, elle met en scène des personnages plus vrais que nature, pétris de défauts et véritablement attachants (y compris les plus vils d’entre eux) avec lesquels on a la sensation de partager une tranche de vie – dont on regrette d’ailleurs qu’elle ne dure pas plus longtemps.

Le regard que l’auteur pose sur eux déborde d’une tendresse contagieuse.

 

Cela fait de La belle année, chronique moderne, affectueuse et rythmée de l’adolescence, un roman qu’on ne lâche pas. Et qui met en avant notre capacité d’oubli en nous démontrant que les enfants sont toujours plus intelligents que ne le croient les grands.

 

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Une réflexion sur “La belle année, Cypora Petitjean-Cerf

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