Autoportrait de l’auteur en coureur de fond, Haruki Murakami

Ceci est un double journal : celui d’un écrivain et celui d’un coureur de fond. Deux activités a priori très éloignées, qui sont pourtant les deux principales occupations de l’auteur.

Quelle endurance l’écriture d’un roman demande-t-elle ? Quelle discipline la préparation d’un marathon requiert-elle ? Haruki Murakami analyse l’une à la lumière de l’autre avec une philosophie et une sagesse toutes japonaises.

 

Morceaux choisis :

 

« Aux autres, vous pouvez toujours fournir une explication appropriée. A vous-même, impossible de mentir. En ce sens, écrire un roman ou courir un marathon, voilà deux activités qui se ressemblent. » (page 20)

 

 « Je n’ai jamais eu la moindre ambition d’être romancier. J’ai juste eu le désir ardent d’écrire un roman. » (page 40)

 

« Pour ma part, la priorité fondamentale a été d’organiser ma vie de façon à me concentrer sur l’écriture, et pas en fonction des gens qui m’entouraient. » (pages 51-52)

 

« Progressivement on étend les limites de ses capacités. Presque insensiblement, on place la barre plus haut. » (page 100)

 

« La plupart des gens ne voient que la réalité superficielle du travail d’écriture et s’imaginent que la tâche de l’écrivain nécessite simplement de rester tranquillement dans son bureau et de penser. Si vous avez la force de soulever une tasse de café, pensent-ils, vous pouvez écrire un roman. » (page 101)

 

« La plupart des techniques dont je me sers comme romancier proviennent de ce que j’ai appris en courant chaque matin. » (page 104)

 

« Je possède une certitude : tant qu’après une course j’aurai en moi le sentiment d’avoir couru du mieux possible, je continuerai à participer à des marathons, sans me laisser abattre. » (page 185)

 

« On a beau se poster nu devant un miroir aussi longtemps qu’on le souhaite, ce qui est à l’intérieur ne s’y reflète pas. » (page 202)

 

« Si la souffrance n’entrait pas en jeu, qui diable s’embêterait à participer à des disciplines telles que le triathlon ou le marathon, qui réclament autant de temps et d’énergie ? Ce qui nous procure le sentiment d’être véritablement vivants – ou du moins, en partie -, c’est justement la souffrance, la souffrance que nous cherchons à dépasser. Notre qualité d’être vivant ne tient pas à des notions comme le temps que l’on réalise ou le rang, mais à la conscience que l’on acquiert finalement de la fluidité qui se réalise au cœur même de l’action. » (page 211)

 

« Je me concentre sur chaque enjambée. Mais en même temps, je réfléchis avec le point de vue le plus large possible, tentant d’embrasser le paysage au plus lointain. Je suis bien un coureur de fond. » (page 213)

 

« Un jour, si je possède une tombe et que je suis libre de choisir ce qui sera gravé dessus, voilà ce que j’aimerais y lire :

Haruki Murakami

1949-20**

Ecrivain (et coureur)

Au moins, jusqu’au bout il n’aura pas marché »

(pages 213-214)

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4 réflexions sur “Autoportrait de l’auteur en coureur de fond, Haruki Murakami

  1. Mon premier Murakami , j’ai adoré. Je ne connais rien a la difficulté d’écrire un roman mais préparant actuellement mon troisième marathon je sais quelle abnégation il faut avoir à l’entraînement pour finir ces 42 kilomètres , mais cela en vaut la chandelle. Un livre à lire , une course à faire au moins une fois.

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  2. Je te remercie d’avoir évoqué ce livre avec moult extraits. je ne me suis encore jamais frotté à la littérature japonaise, mais là, ça me donne bien envie. Et puis franchement, cela manque à ma culture ! C’est donc dans la LAL !

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  3. Pingback: Pourquoi écrivez-vous, Romain Monnery ? | Sophielit

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