Royal Romance, François Weyergans

Présentation de l’éditeur :

royal-romancem71385Daniel Flamm est en train de vivre, entre Montréal et Paris, une de ces histoires d’amour innocentes et sans conséquences comme il en avait jusqu’à présent l’habitude. Il ne s’est pas méfié, il a oublié qu’on ne sait jamais jusqu’ou va vous conduire une rencontre : « J’ai une histoire à raconter, dit-il. Je ne peux plus la garder pour moi. »
Il se souvient de la première fois ou il a vu sur scène à Montréal une jeune actrice, Justine, et du coup de foudre qui les a réunis malgré leur différence d’âge : « J’adorais passer mes journées avec elle. On ne faisait rien d’autre qu’être ensemble. » Le Royal Romance est le cocktail préféré de Justine…
Les années passent. On propose de moins en moins de rôles à Justine. Daniel travaille pour une importante papeterie finlandaise et publie des romans qu’il vient régulièrement présenter au Salon du livre de Montréal. Il continue de vivre avec sa femme Astrid et leurs deux filles.
Les choses se compliquent lorsque Justine vient s’installer à Paris en cassant le rythme de leurs rencontres dont la rareté faisait le charme. Leurs sentiments s’exprimaient par SMS et envois de cassettes enregistrées. Justine ignore que Daniel est tombé entre-temps très amoureux d’une autre femme, ce qu’il n’ose pas lui dire. Elle s’appelle Florence et le rend, dit-il, « monogame »…
Daniel part pour Strasbourg, sa ville natale, près de sa soeur psychiatre. C’est là qu’il apprend la nouvelle qui va l’anéantir.

Le Royal Romance est un cocktail (« moitié gin, un quart Grand Marnier, un quart fruit de la passion, un soupçon de grenadine », page 22), celui que préfère Justine, la très jeune femme dont s’éprend follement Daniel, le narrateur.

Justine est comédienne, elle vit au Québec ; Daniel est écrivain et, si ses activités l’amènent à voyager beaucoup de par le monde, sa résidence principale est à Paris, et elle abrite femme et enfants.

« J’adorais passer mes journées avec Justine. On ne faisait rien d’autre qu’être ensemble. » (page 137)

Dans une prose jubilatoire, mettant en scène un héros qui semble ne pas croire à sa félicité, qu’elle soit amoureuse ou professionnelle, à laquelle il assiste comme en spectateur, François Weyergans, seul écrivain à avoir reçu le prix Renaudot et le prix Goncourt nous rappelle-t-on, conte la romance de Daniel et Justine, « passion aussi sexuelle que sentimentale » (page 101) faite d’échanges bien réels mais aussi de distance palliée par la technologie, romance torturée et pétrie de doutes, de craintes, de regrets.

« Sans les sms, notre relation aurait-elle duré ? Il y a dans l’immédiateté des échanges quelque chose qui fait croire à une vie en commun. » (page 93)

« À la limite je me demande si c’est sain qu’on fasse durer ce qui nous arrive, et si on ne devrait pas s’en tenir aux souvenirs et peut-être aussi au hasard auquel nous croyons plus ou moins et qui pourrait nous réunir à nouveau. J’ai l’impression qu’en ce moment ce n’est peut-être pas la bonne période pour nous deux. Je devrais arrêter de réfléchir, seulement accepter ce que la vie me propose, pas au-delà de mes capacités, et je me rends malheureuse avec mes songes et mes pensées. (Extrait d’une cassette envoyée par Justine à Daniel, de Montréal à Paris.) »

 

« Royal Romance » est à la croisée du roman d’aventure, du roman d’initiation et du roman d’amour ; c’est aussi une ode aux femmes, à la jeunesse, aux livres, à l’écriture et au Québec. Une ode à la vie et à l’amour, en somme. Et qui emporte le lecteur à un rythme effréné : on tient entre les mains ce que les Anglophones nomment un page turner.

Il faut dire que François Weyergans jongle avec la plus grande habileté avec les lieux, les états et les souvenirs ; avec la proximité/subjectivité et le détachement, aussi. Et qu’il parvient à nous la faire sacrément aimer, sa Justine.

Réalité ou fantasme ? Hommage ou narcissisme ? Paradoxalement, ce que l’on peut reprocher à ce roman est aussi ce qui en fait le charme.

Où veut nous emmener François Weyergans ? On ne le sait pas – on doute que lui-même, d’ailleurs, le sache véritablement – mais on y va, gaiement et avec détermination.

« « Parlez-moi donc de vos projets d’avenir », m’avait dit en terminale un de mes professeurs à qui je n’avais pas osé répondre : « Comme s’il existait des projets pour le passé !  » Cette expression de projets d’avenir traine encore dans trop de dictionnaires. » (page 42)

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3 réflexions sur “Royal Romance, François Weyergans

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