Les Témoins de la mariée, Didier van Cauwelaert

A quelques jours de Noël, Marc, photographe de renom, coureur de jupons, annonce à ses quatre meilleurs amis qu’il va se marier dans moins d’une semaine. Il a trouvé en la personne de Yun-Xiang, une jeune Chinoise, la femme de sa vie. Celle-ci atterrira à Paris très bientôt. Les quatre amis tirent au sort : deux seront les témoins de Marc, les deux autres ceux de son élue, selon le désir du photographe.

Dans la nuit qui suit, Marc se tue en voiture.

 

Les quatre amis se retrouvent afin d’aller accueillir Yun-Xiang à l’aéroport et, par fidélité pour leur ami, ils décident de ne pas lui annoncer tout de suite qu’elle est veuve avant même d’être mariée.

 

Ce qu’ils n’avaient pas prévu, c’est qu’ils ne seraient pas les seuls à tirer les ficelles…

 

« En vingt ans d’amitié, nous avions perdu des êtres chers, bien sûr, mais jamais ensemble. Les parents de Jean-Claude, la sœur de Marlène, un flirt de Lucas, mon chien… A chaque fois, par pudeur ou par manque d’occasion, nous avions fait deuil à part. Avec la certitude que, si vraiment ça devenait trop dur, nous pourrions toujours trouver du réconfort. Là, notre émotion commune ne faisait que multiplier la douleur, amplifier le vide. » (pages 20-21)

 

Didier van Cauwelaert ne ménage pas son lecteur. Dès le début du roman, il l’entraîne et ne lui laisse pas d’autre choix que de suivre le rythme haletant et les nombreux rebondissements qu’il propose.

Au fur et à mesure des quatre parties qui composent le texte, dans lesquels les amis prennent tour à tour la parole, on fait connaissance avec des protagonistes plus ou moins névrosés et diablement attachants – tandis qu’en creux se dessinent quatre visions de l’absent.

« L’avantage d’avoir été privé d’enfance, c’est qu’on n’arrête jamais de se rembourser. » (page 82)

 

C’est que cette Yun-Xiang va faire l’effet d’un tremblement de terre dans la vie de ce groupe d’amis. Alors au fil de l’intrigue, on s’interroge sur ce qui créée, renforce, fait durer et distend les liens d’amitié, ce pour quoi on est prêt à sacrifier cette valeur sacrée.

« En moins de vingt-quatre heures, elle a réussi à leur proposer sous forme de bande-annonce tout ce qui leur manquait. » (page 152)

« Le cœur a ses raisons que le portefeuille valide. » (page 148)

 

Didier van Cauwelaert parsème ce roman extrêmement vivant de perles que l’on prend plaisir à relever et, en faisant se rencontrer des réactions diverses face à la mort et des rites variés de célébration du défunt, invite à considérer la vie différemment.

« Meng-Zi dit : « Ce que l’on doit aux morts ne doit pas nuire aux vivants. » » (page 168)

 

Doté d’un humour à toute épreuve, servi par une plume qui cavale en se jouant des maux de la vie, « Les Témoins de la mariée » est une comédie réussie. Un vrai divertissement.

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10 réflexions sur “Les Témoins de la mariée, Didier van Cauwelaert

    • Je suis d’accord (même si je n’associe pas vraiment van Cauwelaert à Musso ou Lévy) : une très bonne idée, une intrigue à la hauteur de celle-ci, une écriture accessible mais qui ne tombe pas dans la facilité… Tous les ingrédients du succès !

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