Tout ça pour quoi, Lionel Shriver

 Présentation de l’éditeur : 

Après le choc d’Il faut qu’on parle de Kevin, la nouvelle bombe de Lionel Shriver. Toute sa rage, son audace et son humour au vitriol pour une radioscopie féroce et incisive du couple, de la famille, de la maladie et du rôle de l’argent dans notre vie. Un brûlot dévastateur.

Parfois, le soir, dans les embouteillages, Shep Knacker laisse son esprit divaguer : fuir les humiliations au travail, échapper aux jérémiades de son artiste de soeur, aux caprices des enfants, aux discours stériles de son meilleur ami. Quitter tout ça, partir sur cette île au large de Zanzibar, dormir, pêcher son poisson, lire, réfléchir… Vivre, tout simplement.
Un fantasme qu’il touche du doigt le jour ou il vend sa société et touche un petit pactole.
Sa décision est prise.
C’est alors que Glynis, son épouse, va briser net ce doux rêve : elle est atteinte d’une maladie rare, à un stade déjà avancé, et doit commencer au plus vite un traitement expérimental coûteux.

Comment faire face à ce qui nous fait peur ? Comment affronter ce que l’on passe notre existence à fuir ? Combien vaut une vie ?

 

Shep, prêt à réaliser le rêve de toute une vie – partir loin de la civilisation -, apprend que l’on a diagnostiqué chez sa femme une maladie rare, et grave. Il n’est plus question de partir.

 

Comment ne pas se sentir concerné par le thème de cet imposant roman ? Comment ne pas avoir envie de se plonger dans ses pages afin d’y trouver des réponses personnelles aux questions posées ? Aux côtés de Shep, on envisage la fuite à l’autre bout du globe, on s’interroge sur le sens des responsabilités, du couple, de l’argent.

 

J’ai beaucoup aimé la densité de l’ensemble, qui pour moi est véritablement l’apanage des Anglo-saxons. Les personnages sont marquants, leur personnalité est fouillée, on partage avec eux une véritable tranche de vie.

Mais l’accumulation de détails relatifs aux maladies (celle de Glynis d’une part, celle de Flicka de l’autre) m’a ennuyé, voire dérangé. Comme si la réalité était alors trop présente, et que je m’en serais volontiers tenue à la fiction.

 

Malgré tout, mon avis reste positif quant à ce roman dont les personnages laissent le sentiment qu’on les a toujours connus.

 

« Glynis acceptait mal sa dépendance, qu’elle trouvait humiliante. Elle acceptait mal de ne pas être une orfèvre reconnue, et surtout d’être pour tous, à commencer par elle-même, tenue pour seule responsable de cette insignifiance professionnelle. Elle acceptait mal que ses deux enfants aient détourné son énergie quand ils étaient en bas âge, et, maintenant qu’ils étaient pratiquement adultes, qu’ils ne soient plus foutus de détourner son énergie. Elle acceptait mal que son mari et cette encombrante et terrible postérité – ces créatures inconséquentes qui n’exigeaient plus rien d’elle – lui aient volé les reliques qui lui étaient chères : des excuses plausibles à sa propre impuissance. » (page 28)

 

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