Les chagrins de l’Arsenal, Patrice Delbourg

Sophie lit… la sélection du Prix du Style 2012 6/9

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Présentation de l’éditeur

Un livre saccagé vogue au fil de la Seine. Un autre, déchiqueté en petits morceaux, gît au fond d’une corbeille de jardin public. Un troisième, calciné, attend sur un banc à l’arrêt d’un autobus.

Une inquiétante et cruelle épidémie contamine le quartier de l’Arsenal. On murmure qu’un forcené s’adonne, nuitamment, à un étrange ballet de livricide. Un petit Fahrenheit de poche. Un autodafé intime.

Faire disparaître d’une bibliothèque tous les ouvrages qui ont pourri vos jeunes années…

Froide détermination ? Insupportable solitude ? Folie douce ?

Timothée Flandrin a une conception toute personnelle de la loi du talion.

 

Une déclaration d’amour fou à la littérature.

 

Poète, romancier, chroniqueur, complice des Papous dans la tête sur France-Culture, animateur d’ateliers d’écriture, Patrice Delbourg est né et vit à Paris. Il a publié une trentaine d’ouvrages. Il est membre de l’Académie Alphonse Allais et du Grand Prix de l’Humour Noir. L’Ampleur du désastre a obtenu le prix Apollinaire.

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Le cherche midi éditeur, août 2012, 324 pages, 18,50 €

 

 

L’Arsenal, c’est la bibliothèque du quartier parisien de la Bastille, rue de Sully. Et les chagrins, ce sont ceux de Timothée Flandrin, le papiphage qui y est employé. Déterminé à épurer à sa façon la littérature française, il commet des livricides.

 

Un roman-fleuve coule dans la Seine… Facile. Au contraire de ce roman.

Homme sûr de ses connaissances et de la maîtrise de son art, Patrice Delbourg sait entretenir la frustration de son lecteur, et il le fait d’une bien jolie façon, usant et abusant des formules et des références qui poussent à replonger dans les classiques.

Il accumule les titres d’ouvrages et les mots rares de la langue française. Dans les deux catégories, certains sont à redécouvrir et d’autres doivent être définitivement oubliés. Reste à faire le tri – l’auteur le fait faire à son antihéros pour ce qui concerne les livres, au lecteur d’agir pour les termes dont est gorgée la prose foisonnante et imagée de Patrice Delbourg.

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Et chacun, pendant et après la lecture des Chagrins de l’Arsenal, se demandera quel sort il pourrait réserver aux livres qui lui ont gâché un peu de sa vie, et quels seront ces livres-là.

 

 

 

Morceaux choisis :

 

« Parler le parlé, c’est vulgaire. Parler l’écrit, c’est scolaire. La langue est un instrument dont il ne faut pas faire crier les ressorts. Un bon cuisinier ne fait jamais visiter ses cuisines. » (page 21)

 

« En cherchant à tout conserver, on construit un patrimoine ingérable dans lequel le superflu fait obstacle à l’indispensable. » (page 27)

 

« La littérature est avant tout affaire de régime alimentaire et de courbes de température. Dans sa création comme dans sa destruction. » (page 32)

 

« S’il y avait une chose qu’il ne fallait pas demander à l’amour, c’est bien de transformer des natures malheureuses en humeurs de pinson. » (page 43)

 

« Il y a des chefs-d’œuvre si fastidieux qu’on admire qu’il se soit trouvé quelqu’un pour les écrire. » (page 58) [Jean Rostand]

 

« Ecrire sans être lu, c’est danser dans l’obscurité. » (page 75)

 

« Les familles, ça n’exauce pas toujours les rêves d’un enfant. » (page 90)

 

« Il se souvenait d’une bande dessinée de Donald Duck parue dans Mickey Parade où une brigade de pompiers devait brûler tous les instruments de musique de l’orchestre sur ordre de Picsou, qui prétendait que la musique rend triste. Sa mission punitive serait de cet ordre : futile, irraisonnée, arbitraire. » (page 101)

 

« Certains écrivent comme d’autres jouent au billard. En pensant au coup d’après. » (page 106)

 

 

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