Avant la chute, Fabrice Humbert

Sophie lit… la sélection du Prix du Style 2012 7/9

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Présentation de l’éditeur

En Colombie, la famille Mastillo tente de survivre sur son lopin de terre dans la jungle. Au Mexique, le sénateur Fernando Urribal, à l’abri de son grand domaine, partage son temps entre la capitale et l’état de Chihuahua. En France, dans une cité, le petit Naadir vit paisiblement au milieu des siens en tâchant de ne pas voir l’irruption des dangers.

Progressivement, ceux-ci vont pourtant voir leur existence basculer. Emanuel Mastillo est tué et ses deux filles, Norma et Sonia, deviennent des migrantes, remontant toute l’Amérique centrale pour rejoindre les Etats-Unis. Le sénateur Urribal voit sa position menacée de toutes parts, entre les soupçons politiques et les menaces des cartels de la drogue. Quant à Naadir, la mort d’un jeune du quartier et la blessure de son propre frère en font le témoin contrarié et pourtant visionnaire de la chute.

Vaste fresque d’un monde qui se défait, le roman de Fabrice Humbert raconte la montée des périls, le basculement des sociétés mais aussi l’énergie de la vie. Avec le sens de la narration qui a fait le succès de L’Origine de la violence et de La Fortune de Sila, il relate notre histoire à tous.

 

Professeur de lettres, Fabrice Humbert a déjà publié cinq romans, Autoportraits en noir et blanc (Plon, 2001), Biographie d’un inconnu (Le Passage, 2008), L’Origine de la violence (Le Passage, 2009 – Prix Orange du Livre 2009, Prix littéraire des Grandes écoles 2009, Prix Renaudot Poche 2010), La Fortune de Sila (Le Passage, 2010 – Grand Prix RTL-LIRE 2011) et Avant la chute (Le Passage, 2011).

Ses romans L’Origine de la violence et La Fortune de Sila sont en cours d’adaptation au cinéma.

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Editions Le Passage, août 2012, 284 pages, 19 €

 

 

 

Fabrice Humbert s’est déjà fait remarquer pour sa capacité à décortiquer les engrenages qui amènent (à) la violence. Il fait ici s’entrecroiser les fils d’existences individuelles ancrées dans trois environnements distincts et très différents. La Colombie, le Mexique et la France ont ici pour point commun la drogue. Produite ici, transitant par là, vendue et consommée au coin de la rue – en bas de l’immeuble.

 

Avant la chute emporte parce que le sujet fascine, et qu’il est ici traité par un fin analyste, doté d’un sens aigu de l’observation. Moraliste mais pas moralisateur.

 

Mais Fabrice Humbert est d’abord un romancier, un conteur, qui maîtrise l’art du dialogue comme celui des personnages. Son écriture classique et exigeante s’efface derrière une intrigue brillamment développée.

 

Et si Avant la chute s’annonce dès le titre comme un roman pessimiste quant à l’avenir de notre monde, il est pailleté d’espoirs. Dans le livre, la littérature en est un pour le jeune Naadir. Dans la réalité, les livres comme celui-ci en sont pour tous les lecteurs.

 

 

 

 

 

Sélection de citations :

 

« Tôt ou tard, le monde déferlerait sur lui. Même s’il vivait en autarcie sur son territoire, il était conscient que personne, nulle part, n’échappait aux flux et aux reflux du monde, à l’immense pulsation du monde moderne. Pas plus dans un petit district du sud de la frontière que dans un village de pécheurs en Thaïlande ou une campagne française. » (page 19)

 

« Aucune société ne peut survivre au désordre. Elle se désorganise puis s’effondre de l’intérieur. Mais la restauration de l’ordre peut passer par des moyens très différents. La dictature en est un, la démocratie un autre. » (page 40)

 

« Il y avait la musique, forte, rythmée. Il y avait cette lenteur progressant dans l’après-midi de la ville. A l’avant, le conducteur hochait la tête en cadence. Lunettes de soleil, tête massive, noire, les cheveux ras, le cou épais. Tous ses gestes étaient lents et même lorsqu’il tournait le volant, tout était lent, cérémonieux. Et musical, par martèlements. » (page 119)

 

« A midi pile, l’explosion retentit. L’énorme barre d’immeuble, coupée en son milieu, demeura un instant suspendue puis, dans un lent mouvement d’anéantissement, se mit à s’affaisser, s’enfonçant peu à peu dans un immense nuage de gravats et de poussière, avec une accélération progressive qui la désintégrait. Et brutalement, il ny eut plus rien, juste cet immense nuage opaque qui absorbait tout, dévorant un à un les bâtiments alentour, les voitures, les tentes des officiels, dans la lente et serpentine convulsion de ses remous. » (pages 187-188)

 

 

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4 réflexions sur “Avant la chute, Fabrice Humbert

    • Oui mais elles sont là : puisqu’il y a des hommes et des femmes, il y a de la générosité, de l’amour… (heureusement d’ailleurs que ce roman n’est pas que sombre, il serait autrement plus difficile à lire sinon !)

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