Gaspard-Marie Janvier, Quel trésor !

Sophie lit… la sélection du Prix du Style 2012 9/9

voir la sélection complète ici

 

Présentation de l’éditeur

À l’acheteur hésitant

Si le vent des hélices, le claquement des voiles

Les îles perdues et les trésors cachés

Si les chansons des marins sous les étoiles

Les pintes qu’on trinque à l’amitié

Et tous les récits d’aventure simplement racontés

Ont encore le pouvoir de plaire

Comme ils l’ont fait dans le passé

Aux hommes et femmes de caractère

Eh bien ami, passez monnaie ! Sinon

Si la jeunesse gavée n’a plus faim d’équipée

Si elle oublie les Flint, les Mermoz, les Robinson

L’envoûtement des cartes à la veillée

Les créatures de l’Écosse enchantée

Ainsi soit-il ! Et puissé-je avec tous mes forbans

M’endormir sous la dalle gravée

Où gisent les trésors des romans.

 

G.-M. J.

 

Disciple de Nicolas Bourbaki à l’université de Nancago, puis chercheur en mathématiques, Gaspard-Marie Janvier aurait sans doute fini vieux géomètre si le grand air, la montagne, si la philosophie et la littérature ne l’en avaient dérouté (pas autant que ses proches du reste, qui n’en sont toujours pas revenus). Il a écrit (sous noms d’emprunt) des manuels d’aéronautique et de météorologie, ainsi que d’autres livres sur d’autres sujets, et s’est consacré à diverses tâches d’enseignement. Il a publié le Rapide essai de théologie automobile en 2006 aux éditions Mille et une nuits, puis son premier roman, Le Dernier Dimanche, en 2009 chez le même éditeur, et en 2010 les truculentes Minutes pontificales sur le Cundum. Il organise sa vie pour écrire à l’abri.

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Fayard, août 2012, 368 pages, 21 €

 

 

 

Au cours d’une succession, David Blair, descendant d’une famille d’éditeurs écossais, met la main sur une carte ancienne, et pas n’importe laquelle : celle qui aurait inspiré à Robert Louis Stevenson son Ile au trésor avant qu’il ne l’égare. Voilà qui devrait sauver l’entreprise familiale de la faillite. D’après les experts, la carte est authentique à 75%. Fuyant les questions administratives, comptables et juridiques, David Blair part pour les îles Hébrides, devenant à son tour un aventurier.

Dans cet hommage à l’auteur de L’Étrange Cas du docteur Jekyll et de M. Hyde, Gaspard-Marie Janvier met en scène une galerie de personnages hauts en couleurs – et très Ecossais pour la plupart d’entre eux – dont aucun n’est insensible à l’évocation de la carte, et une Ecosse, terre de légendes, plus que jamais propice à enflammer les imaginations.

Conte polyphonique servi par une écriture foisonnante, Quel trésor ! est un roman d’aventure moderne, construit comme un jeu, par lequel l’auteur invite son lecteur à participer à une chasse au trésor semée d’embûches.

Il n’est pas nécessairement besoin de partir pour un tour du monde en 80 jours pour vivre de grandes aventures. Et les trésors se trouvent parfois là où on ne les imagine pas.

 

 

 

Citations choisies :

 

« Si j’ai remisé dans un tiroir le prochain roman de Gaspard-Marie Janvier pour me faire le porte-plume de Iain McGregor, c’est pour céder à une intuition grandissante, qui ne me quitte plus : le goût de l’aventure est le ferment qui manque aux jeunes hommes de ce temps ; lui seul est à même de leur rendre la force nécessaire pour dissiper le conformisme effrayant né de l’illusion d’une fin d’histoire. » (page 12)

 

« Les mauvaises nouvelles, j’ai toujours pensé qu’il valait mieux les recevoir en cascade. La première vous renverse, on la prend comme un direct en pleine mâchoire, mais quand les coups se multiplient, on finit par ne plus les sentir. » (page 18)

 

« Le diable est partout. Il est naïf de croire qu’il n’entre pas dans les églises, au contraires, c’est son terrain d’élection : il n’est jamais aussi joyeux que lorsqu’il subjugue un croyant. » (page 134)

 

« Comme toujours quand on se retrouve dans la panade, la vraie, on se demande comment on a fait pour en arriver là, et l’on reste impuissant tant qu’on veut croire à une cause, unique, à la petite erreur inévitable ayant provoqué la rupture de la chaîne. J’avais eu tort de m’enflammer pour ce trésor, tort de l’associer à la restauration de notre nation, tort de confondre mes devoirs de fonctionnaire et mes histoires de famille, tort de me prendre pour le justicier de la mer et le sauveur des océans, […] oui, tort, j’avais tort sur toute la ligne, et, pour un peu, je me fusse accusé d’avoir provoqué un drame dans lequel je n’étais pour rien. » (page 191)

 

« Quand le bon Dieu lui-même se refuse à pleurer, il n’est rien d’autre que de baisser les bras et s’obliger à rire. » (page 278)

 

 

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