Bleu blanc brun, Frédéric Maillard

Présentation de l’éditeur :

Au début des années 2000 à Paris, Romain, un étudiant solitaire, trouve asile dans un groupuscule d’extrême droite. Vulnérable et frustré, il cherche un guide, une voix, un message. Exclu de l’université après l’agression d’un homme de ménage, il est pris en charge par les membres d’un mouvement encore plus radical avant d’être subitement lâché par ses nouveaux amis. Dès lors, tout s’accélère : surfant sur les sites  » identitaires  » du web, il est contacté pour tuer, prime à la clé, le président de la République…

Plongée dans les eaux troubles de l’extrême droite française, Bleu Blanc Brun raconte avec justesse la dérive d’un adolescent vers l’extrémisme et la violence.

 

Dans son premier roman, Frédéric Maillard, spécialiste en communication institutionnelle et politique, revient sur un acte que personne n’a oublié. Sans trouver de circonstances atténuantes à son personnage-narrateur, il dépeint un engrenage qui a mené un jeune homme à tirer sur le président de la République un certain 14 juillet.

« Bonne chance, je ne m’en fais pas pour vous, je suis sûr que vous parviendrez à vous faire un nom » dit l’avocat en congédiant pour un motif discutable son jeune employé, quelques semaines avant le jour J (page 277).

Frédéric Maillard ne justifie pas, mais cherche à comprendre et à expliquer. Avec succès.

En forme de journal intime, « Bleu blanc brun » est un roman brut, fort et éclairant.

 

Denoël, 2008, 368 pages, 22 €

 

Morceaux choisis :

 

« […] Pour les Juifs, les Arabes sont des fusibles parfaits.

Je souris intérieurement car je n’y crois pas moi-même. Eux non plus, je pense. Mais c’est exactement le genre d’arguments qui peut faire mouche dans les cafés du commerce. Un « secret » que les poivrots de la France profonde, fiers d’être initiés, relaieront avec plaisir. » (page 58)

 

« Appuyé contre le mur du salon, je regarde mes nouveaux amis. Ca me fait tout bizarre. C’est la première fois que je me sens intégré à un groupe. J’ai une petite boule en travers de la gorge. Bien sûr, je ne suis pas stupide au point de penser que je les intéresse en tant qu’individu. Le lien qui nous unit est idéologique. Mais quand on n’a jamais été lié à personne, on trouve déjà cela formidable. » (page 61)

 

« Je vais les sauver et ils vont me haïr. » (page 309)

 

« Dimanche 1er juillet […] Aujourd’hui, nous rentrons dans Le Mois. Celui dont chacun se souviendra, dans deux ans, dans cinq ans, dans dix ans. » (page 318)

 

« Le 14 juillet 1789 a vu tomber la Bastille, symbole de l’aliénation du peuple par le régime féodal. Ce 14 juillet devrait voir chuter le responsable autant que le coupable de notre aliénation mentale : celui que d’aucuns appellent le président de la République. » (page 336)

 

« Je suis heureux d’être là. De vivre un moment pareil. D’être ce que je suis. » (page 337)

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