Je t’aime maintenant, Sandra Reinflet

 

A l’aube de ses trente ans, Sandra Reinflet, qui avait déjà recueilli les témoignages de 81 femmes nées comme elle en 1981, s’est lancée sur la piste de ses amours passées.

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Pour chacun d’eux, elle a sélectionné un moment en particulier, avant de partir à la recherche de l’être qui a traversé sa vie.

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Quête risquée, car faire revivre le passé peut se révéler dangereux – et de la flamme si vive, il ne reste souvent que les cendres.

Certains souvenirs ne sont pas si enfouis ; certaines rencontres révèlent l’opposition des trajectoires empruntées ; certaines personnes n’existent plus. Une, d’ailleurs, n’a jamais existé.

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Sandra Reinflet égrène les amours au fil des heures, 24, illustrant chaque volet de son enquête personnelle d’une photo de l’autre et du ressenti de celui-ci sur sa démarche. La curiosité rasasiée du lecteur se fait cependant parfois gêne : ai-je bien envie de découvrir leurs traits et de les regarder dans les yeux, ces anciens amants qui ne sont pas les miens ?

 

« Je t’aime [maintenant] » est un album intime et impudique, précieux et personnel, empreint d’une émotion qui n’atteint pas tant le lecteur par celle, évidente, de la narratrice que pour ce qu’elle réveille chez lui.

Que reste-t-il de nos amours ? Que reste-t-il de ces beaux jours ? Une photo, vieille photo, de ma jeunesse.

 

Le récit de Sandra Reinflet est entraînant et c’est bien elle, quoi qu’elle soit la seule dont on ne voie pas le visage, le personnage central de cette histoire d’amour.

Et se dessine à travers elle le portrait d’une génération qui ne se refuse rien, pour laquelle les amours sont multiples et, favorisées par les nouvelles technologies, peuvent ressurgir à peu près aussitôt qu’on en a envie.

 

Michalon, novembre 2012, 208 pages en couleurs, 24,90 €

 

 

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7 réflexions sur “Je t’aime maintenant, Sandra Reinflet

  1. Goo… ne recensait pas ce billet! Mais comme ça j’ai pu écrire le mien presque à chaud , dans l’élan.
    Vraiment un chouette bouquin; tu as raison, une fois ou deux on frôle la gêne, surtout quand on retrouve l’ex qui a trop changé, ou qui est réticent. Mais d’ailleurs on n’a pas toujours la photo du visage. Je trouve que c’est réussi. Jamais trop appuyé. Et ça peut parler au lecteur qui n’a pas eu forcément les mêmes expériences (quoique, en cherchant un peu, rêvons, dans toute vie il y a eu ces moments;..)(bref)
    Pour répondre à ta question, oui, Chateauroux est déjà noté sur mes tablettes!!!

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