Les grimaces, Jennifer Murzeau

Présentation de l’éditeur :

grimacesAngelina est chargée de production pour une chaîne de télé du câble. Depuis plus de trois ans, elle subit la perfidie de sa collègue, assiste aux batailles d’égo qui l’excluent, observe toutes ces grimaces qu’elle ne sait pas faire. Éternelle anonyme, elle souffre en silence de son intégration ratée dans le monde du travail jusqu’au jour où elle décide de se venger. Il lui faut une victime qui paye pour ce trop-plein d’humiliations. Elle choisit Marie. Puis elle laisse vaciller sa raison et grandir son obsession pour cette jeune et belle présentatrice qui semble avoir le monde à ses pieds.

À travers les yeux de ses personnages, Jennifer Murzeau détaille un quotidien fait de petites violences et de grands ridicules. Elle dépeint avec un humour caustique un univers où finalement chacun se débat pour exister dans une compétition sans pitié.

Jennifer Murzeau pose un regard amusé autant qu’intransigeant sur l’entreprise, ce monde où les rapports sont biaisés par l’apparence, le pouvoir et la hiérarchie.

Un premier roman drôle et grinçant, mais surtout plein de lucidité, qui donne à voir un univers où, loin des paillettes, tous les coups – et surtout les plus bas – sont permis…

Jennifer Murzeau sera au rendez-vous de la rubrique « Pourquoi écrivez-vous ? » ce mercredi.

 

Editions Léo Scheer, juin 2012, 168 pages, 17 euros

Citations choisies :

« Angelina était le genre de personnes, fort rares au demeurant, capable d’endurer une douche pestilentielle afin d’être agréable à un interlocuteur dont elle n’avait strictement rien à faire. Voilà quel était le drame de cette jeune fille petite, grassouillette et sans éclat : elle était gentille.

Et le monde pas. » (page 11)

« Ce qu’elle regrettait comprit-elle, c’était ce moment auquel on n’accorde jamais assez d’importance, où tout est encore possible, où, même si l’on souffre, tous les espoirs sont permis puisque la vie n’a pas vraiment commencé, et qu’on a le droit de se tromper. A vingt-neuf ans révolus, il devenait cependant risqué de se tromper. Et Angelina savait qu’elle se trompait et que ce qu’elle regrettait, c’était de ne plus grandir, mais de vieillir. » (pages 24-25)

« C’est très chic d’être charrette. Alice était donc très chic en permanence. » (page 37)

« Etre folle, c’était mieux, plus noble que d’être gentille. » (page 39)

« Les patrons de la chaîne n’étaient jamais loin, et sirotaient nonchalamment leur champagne en dodelinent vaguement du chef pour encourager les danseurs, signifier que quelque part ils kiffaient eux aussi la vibe. Mais pas trop, parce que leur fonction ne le permettait pas » (page 44)

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2 réflexions sur “Les grimaces, Jennifer Murzeau

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