Pourquoi écrivez-vous, Pia Petersen ?

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Native du Danemark, Pia Petersen vit et travaille entre Paris et Marseille. Elle est l’auteur de huit romans dont Le Jeu de la facilitéParfois il discutait avec Dieu, Passer le pontUne livre de chair.

Son dernier roman, Un écrivain, un vrai, est paru chez Actes Sud en janvier 2013.

 

 

Pourquoi écrivez-vous ?

Je me suis posé la question toute ma vie. Que cache cette fureur d’écrire, toujours, sans cesse ? Pourquoi ai-je cette impression d’avoir été envahie par le besoin d’écrire ? Ma vie aurait été plus simple sans ce désir, c’est ce que je me dis quand j’essaie de répondre à cette question qui me définit. Peut-être parce que je perçois mieux le monde, les autres ? Quand j’écris un roman, j’habite dedans et j’arrive à voir mais quand je suis entre deux, je suis aveugle et je n’arrive plus à penser, alors j’écris tout le temps, il y a toujours un roman, parfois plusieurs en cours. PetersenJe me dis aussi que j’écris parce que c’est ainsi que je communique avec les autres, que je peux leur dire des choses sans m’imposer, leur laissant le choix de me lire ou non. Parfois je me dis qu’en écrivant je me cache derrière les mots, peut-être y a-t-il un manque de courage ? Quand j’écris j’essaie toujours de comprendre ce qui se passe dans le monde, je me passionne pour aujourd’hui et demain et j’aimerais donner de la magie au réel parce que c’est ça, notre monde, une rencontre avec le réel mais pour faire cela, il faut d’abord comprendre et c’est peut-être la raison de pourquoi j’écris, parce que je voudrais être encore plus dans le monde.
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Quel(s) conseil(s) donneriez-vous à un aspirant écrivain ?

Quand je parlais de tous ces livres que j’allais écrire, on me rétorquait systématiquement ne fais pas ça, il faut travailler, gagner de l’argent, produire des enfants. On me disait non. J’ai tout envoyé valser, je me suis armée de volonté, me disant que c’était à moi de décider de mon destin et pas aux autres et j’ai foncé. Un conseil ? Être sûr que c’est bien cela qu’on veut, le chemin est long et rude, on manque souvent de tout, on devient le spécialiste du système D, il faut savoir se priver de tout. Si l’on est sûr, vraiment sûr, il faut y aller complètement, c’est beaucoup de travail, lire, écrire toujours en étant son propre ennemi, voir le monde, voir surtout l’autre, savoir ne pas être soi. Mais quand on se dit c’est ça, alors c’est magnifique, quels que soient les problèmes à affronter, on vit une aventure perpétuelle, dans le monde à construire toujours et ça, c’est magique.
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Précédent rendez-vous : Isabelle Aeschlimann

Prochain rendez-vous : Murielle Renault

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