Sous le vent, Jean-Bernard Pouy & Joe G. Pinelli

Sous le vent_couvPrésentation de l’éditeur :

Dans la petite école de Bothoa, au cœur de la Bretagne, un jeune élève, Pol, s’ennuie. Il observe les cartes accrochées aux murs et rêve d’un ailleurs, un monde où le vert ne dominerait pas, où les fruits seraient gros et juteux, où le vent serait chaud. Il se persuade que le jour où il faudrait partir – car un jour ou l’autre un Breton doit s’en aller – il choisirait la main du hasard. Il accrocherait lui aussi une carte au mur, il prendrait une fléchette, la lancerait et se jurerait d’aller là où la pointe d’acier se ficherait.
Des années plus tard, le moment est venu pour Pol de partir. La pointe de la fléchette se plante en plein Pacifique. Alors, sans réfléchir, Pol fait vite son baluchon et s’en va, un petit matin aussi flamboyant que ses souvenirs. Là-bas, il rencontre Maeva. « Il ne savait pas s’il aimait Maeva. L’amour, ici, ne supportait pas une nouvelle saison. Le printemps n’existait pas dans les îles, la montée de la sève ne régulait pas les sentiments. Il n’y avait que la saison des pluies où l’on pleurait beaucoup et la saison sèche qui tarissait les larmes. »

 

Sous le vent 2Grand maître du roman noir, Jean-Bernard Pouy a construit son roman à partir des dessins à l’huile de Joe G. Pinelli. Les mots, autant que les images, font voyager le lecteur de la Bretagne aux îles sous le vent.

Le voyage est superbe, plein de poésie et de suspens, d’humanité et d’universalité.

 

On en vient à regretter qu’il ne soit pas en plus grand format, ce livre précieux, car on plongerait volontiers tout entier dans les tableaux de l’artiste, qui sublime la mer par tous les vents et les femmes portant des fleurs à leur coiffure.

 

Editions JC Lattès, février 2012, 190 pages, 18 euros

 

Citations choisies :

 

« Vivre quelques années avec la mort derrière la porte vous empêche longtemps d’ouvrir les fenêtres. » (page 17)

 

« Il ne partait pas pour revenir. Plus rien ne le retenait ici, sur le Vieux Continent. Sur le vieux incontinent, plutôt. Qui pissait le sang. Victime d’une prostate mentale. » (page 41)

 

« Sous le vent 1Il se demandait si, à Tahiti, il pourrait en retrouver, des livres. Et il craignait enfin, plongé dans une sorte de paix, de ne plus en avoirs besoin. Que la vie de tous les jours suffise amplement à la vie de tous les jours. » (page 71)

 

« Il s’allongea sur le bois rude du banc. Et se souvint de l’autre côté du monde. Et de ce voyage étrange qui pour lui, en à peine deux mois, avait été aussi important que des milliards d’années d’école. » (page 92)

 

« Il se demandait si c’était une bonne idée de tenter de rejoindre les îles de la Société alors qu’il ne cherchait qu’à la fuir. » (page 101)

 

« Un jour de pétole, quand le vent n’est plus là, comme avalé par la mer, quand les voiles pendent comme des tabliers sur la corde à linge, Gordon lui avait brusquement demandé ce qu’il fuyait. Parce que, pour naviguer dans ces eaux, il faut forcément fuir quelque chose.

Pol lui avait simplement répondu qu’il fuyait le monde d’avant. Et qu’il se fuyait lui-même comme faisant partie de ce monde. » (pages 107-108)

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