Les étourneaux, Fanny Salmeron

Présentation de l’éditeur :

Après une série d’attentats à Paris, trois amis, Lodka Place, Brune Farrago, Ari Saint-Thomas et leur chien Ferdinand Griffon vont se réfugier dans une maison de campagne. Ils se pensent à l’abri tandis que dehors le chaos menace.

 

Les noms des personnages donnent le ton : on plonge d’emblée dans une sorte de conte moderne, un conte ou une fable. A partir de l’attentat, on remonte le fil des existences : comment chacun d’eux est-il entré dans la vie de Brune ? On tombe en cours de route sur des listes (ex : la liste « nous avant nous c’est comme »), des mails, des textos, de la musique, un test de magazine – qui sont autant d’heureuses surprises, autant de pralines roses dans la brioche.

 

Fanny Salmeron (Si peu d’endroits confortables, Le travail des nuages, Bordel) parvient à mettre de la douceur, de la tendresse, de la poésie même, dans la violence et dans la mort. Il y a du Vian dans sa fantaisie, du Colin et du Chloé dans ses personnages. Si on a tendance à l’oublier, elle nous rappelle qu’on ne fait jamais assez attention aux détails. Et elle nous donne envie d’aimer plus encore les gens bizarres, rêveurs, inadaptés ou juste à côté de l’affreuse normalité.

Les étourneaux est un texte très court qui offre une parenthèse enchantée. De la couverture comme du roman restent en mémoire, plutôt que le noir, les étincelles et les pastilles colorées.

 

Stéphane Million Editeur, janvier 2013, 104 pages, 12 euros

 

 

Citations choisies :

 

« Se prendre dans les bras ne sert à rien, les frontières entre nous sont des précipices, chacun sur son continent. » (page 27)

 

« Les Hommes peuvent faire hurler leurs sirènes et leur peine tant qu’ils veulent, c’est toujours le ciel qui gagne. » (page 37)

 

« Fuir la ville et se réfugier loin de cette agitation morbide, bien sûr qu’ils y ont pensé. Mais rester, croient-ils, c’est lutter, c’est dire aux terroristes que détruire n’est pas avoir le dernier mot. » (page 40)

 

« En pardonnant au père, elle a pardonné à tous les hommes, et elle est devenue ce qu’on appelle une fille facile.

Mais la complexité d’être une fille facile, la difficulté du don de soi, l’expression n’en dit pas un mot. Brune qui bat des cils et suit un homme jusque dans ses draps, on dit : facilité. On ne dit pas : abnégation. On ne dit pas : renoncement. On oublie de dire : la générosité de Brune. Parfois on dit, si on est une femme, de temps en temps on dit : pauvre Brune. Mais si c’était là sa richesse. Son corps offert, et pas juste son corps, son temps aussi. Si c’était la plus riche de nous toutes.

On n’en sait rien. » (page 65)

 

« Le sexe, c’était comme la mort, pour elle : une abstraction. Elle savait que cette chose existait pour les autres, elle la frôlait, elle la testait, mais elle pensait que ça ne comptait pas vraiment, elle n’y accordait pas plus d’importance qu’à une autre religion. » (page 66)

 

« Les attentats servaient de prétexte à beaucoup d’entre eux pour enfin changer de vie. » (page 89)

4 réflexions sur “Les étourneaux, Fanny Salmeron

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