Pourquoi écrivez-vous, Fanny Salmeron ?

Fanny Salmeron

Fanny Salmeron vit à Paris avec un chat sociopathe. Elle écrit dans la revue Bordel et lit en robe partout où on l’écoute.

Elle est l’auteur de trois romans parus chez Stéphane Million éditeur : Si peu d’endroits confortables (2010), Le travail des nuages (2011) et Les étourneaux (2013).

 

 

Pourquoi écrivez-vous ?

Tout simplement parce que je ne pourrais pas ne pas écrire. Je ne me souviens pas de la première fois que j’ai réussi à former une phrase avec un stylo mais je pense que ça a dû être le plus beau jour de ma vie.
J’ai gardé mes cahiers de CP où l’on avait de petites rédactions à faire et ça se voit que je m’éclatais déjà à inventer des personnages, des situations folles, Salmeron1et ça se terminait toujours mal (déjà, à l’époque). Ensuite j’ai tenu un journal intime, comme la plupart des petites filles j’imagine, mais ce journal est vite devenu un lieu de fiction, de transformation de la vie. J’inventais des gens, je me fabriquais un monde parrallèle avec ses propres codes, ses magies et ses tragédies. Je n’étais pas folle (non, je vous assure), j’avais juste compris que l’écriture c’est l’ultime liberté. C’est pour ça que j’écris, parce que c’est un pouvoir infini. Il doit y avoir un nom pour ça. Le complexe de Dieu, peut-être ? Mais ce qui est super, c’est que malgré tout, les choses nous échappent, en écrivant. On croit tout contrôler mais il y a les personnages, d’abord, qui viennent tout chambouler, et ensuite le lecteur. Lui, il vient avec son propre monde, son propre pouvoir, et il en fait ce qu’il veut, de votre histoire. On écrit une phrase et de l’autre côté, cent personnes lisent cent phrases différentes.
Salmeron2

 

Quel(s) conseil(s) donneriez-vous à un aspirant écrivain ?Salmeron3

Celui d’écrire sans arrêt, de voler du temps pour ça, de tenter des choses, d’explorer. On ne peut pas se tromper, en écriture. On ne fait pas de mathématiques. Quand on écrit, il y a dix mille solutions différentes et qui se valent. Je conseille aussi de laisser de côté son bon sens et ses principes. Ecrire un livre c’est comme prendre un petit morceau de pâte à modeler et se dire « Je vais construire une cathédrale ». Il faut être un peu dérangé.
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Précédent rendez-vous : Murielle Renault

Prochain rendez-vous : Gaëlle Pingault

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4 réflexions sur “Pourquoi écrivez-vous, Fanny Salmeron ?

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