Sang d’encre, Stéphanie Hochet

sang-d-encre-stephanie-hochet-9782361660147Présentation de l’éditeur :

« La fascination qu’exercent tatouages et tatoueurs sur le narrateur l’a conduit à dessiner pour l’un d’eux, son ami Dimitri. Mais il a longtemps résisté à offrir sa peau aux poinçons et à l’encre. C’est une phrase latine sur les heures qui passent Vulnerant omnes, ultima necat, (Toutes blessent, la dernière tue), qui le fera changer d’avis et bouleversera son existence. Dès que Dimitri la lui tatoue sur la poitrine, il devient un autre homme dans ses rapports aux femmes, au temps, à l’existence. Mais très vite l’encre des premiers mots pâlit et, étrangement, son sang en fait autant…
Dans une langue dense et puissante, Stéphanie Hochet écrit une fiction aux marges du fantastique, une méditation sensuelle sur le sang et l’écriture, la peau et la mémoire, les traces et l’oubli. »

 

Par la voix de son narrateur, l’auteur nous entraîne dans l’univers des tatouages. Dans cette fiction teintée de noir, le tatoueur s’immisce dans la vie de ses clients comme l’encre se répand sous leur peau. A moins que ce ne soit la perception du client qui change dès que sa peau est tatouée ?

Stéphanie Hochet intellectualise le tatouage, cette pratique qui remonte à la préhistoire. Car avec elle se pose la question de la trace indélébile que l’on fait sur son corps à défaut de pouvoir s’assurer d’en laisser une dans le monde. Et si l’éternité était à portée d’aiguille ? Le tatouage en fait la promesse…

Le temps, symbolisé par la locution latine que l’on retrouve sur les cadrans solaires et les horloges en façade des édifices publics, est au cœur de ce court roman dont la lecture n’en requiert que peu.

L’écriture de Stéphanie Hochet est forte et fiévreuse, changeante comme l’encre avec la lumière, et ce petit livre, qui ne se lâche pas, éloigne diaboliquement – et pour longtemps –  des échoppes de tatouages.

 

Editions des Busclats, février 2013, 100 pages, 11 euros

Charlotte aussi a été happée.

 

 

Citations choisies :

 

« Les tatouages vous racontent le monde, les croyances des hommes. » (page 12)

 

« L’histoire d’amour peut commencer dès qu’elle devient un récit. » (page 52)

 

« Laisser une trace : la grande obsession des humains. Moi le premier. Comment supporter l’idée que rien ne nous survit ? Comment concevoir l’éphémère sans avoir le tournis ? » (page 53)

 

« Quand fond la neige où va le blanc ? » (page 63)

 

« A mon âge surtout, la simple idée de disparaître sans laisser de traces est intimidante. Certains hommes se marient pour moins que ça. Réconfort trouvé dans l’autre, procréation. Duplication de soi, multiplication des responsabilités, des difficultés supplémentaires pour exister plus fort, des perspectives. » (page 64)

 

« On devrait toujours se méfier des phrases. » (page 69)

 

« Il y a des façons de s’adresser à l’autre qui vous donnent gagnant ou perdant. Certaines personnes provoquent chez l’autre la réponse négative qu’ils pensent redouter mais espèrent secrètement. » (page 71)

 

« Ecrire Vulnerant omnes, ultima necat sur la peau, c’est lier l’avenir du tatoué à la signification de cette phrase, c’est décider de son destin. » (page 88)

 

« Tous les empires connaissent une fin, et plus leur règne a été dur, plus leur chute est spectaculaire. » (page 96)

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7 réflexions sur “Sang d’encre, Stéphanie Hochet

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  2. C’est un petit livre que j’ai vraiment apprécié. Le traitement du tatouage, entre description réaliste et incursion du fantastique, est très intéressante. Et l’écriture est vraiment prenante. Un bon roman !

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