La disparition du monde réel, Marc Molk

disparition du monde reel.inddPrésentation de l’éditeur :

Dans un grand mas provençal, une bande d’amis passe un nouvel été. Les vacances se terminent, la quarantaine est là, l’amitié tire sur la corde. Malgré l’humour et l’ivresse, le désenchantement gagne. Comment échapper à la tristesse des choses auxquelles on ne croit plus ? L’amertume fait-elle de nous des orphelins ?

Sous la familiarité estivale pointent cauchemars et bad trips : quand les peurs et les fantasmes prennent le dessus, voilent les évidences et font vaciller le simple sentiment de réalité.

 

En séquences très courtes, flashs ou instantanés, Marc Molk esquisse un roman du désenchantement, qui se lit d’une traite. Bien avant la fin des vacances, il flotte cette mélancolie de septembre approchant, quand les jours qui déjà raccourcissent indiquent qu’il est temps de refermer la parenthèse estivale.

 

Il y a dans les pages de La disparition du monde réel une amertume qui vire parfois à l’aigre à l’heure de l’apéro. Les regrets sont dans chaque chose.

La touche qui fait défiler les souvenirs reste enfoncée, coincée, tandis que la gaieté et les microdrames se succèdent à grande vitesse à mesure que l’on tourne les pages.

 

La disparition du monde réel est la disparition de l’optimisme, l’abandon de tout espoir ; si c’est là la signature de la quarantaine qu’ont atteint les protagonistes, gageons qu’il s’agit plutôt du symptôme de la crise qui l’accompagne – et que l’auteur tente de soigner avec un humour féroce dans cet exercice de style (exercice qui explique le nombre déraisonnable de citations relevées et reproduites ci-dessous).

Car quand le monde réel disparaît, il ne reste que les apparences…

 

Buchet/Chastel (Qui Vive), mars 2013, 154 pages, 15 euros

 

Phrases choisies :

 

« Quelles meilleures fondations à une histoire d’amitié qu’une histoire d’amour ? » (page 20)

 

« Il y a tant et tant de façons de saccager sa famille qu’il est encore possible de le faire très tard. » (page 30)

 

« Peut-être que les femmes n’ont pas besoin de trucs pour se sentir en vie, qu’elles font autrement, qu’elles mangent du chocolat par exemple. » (page 38)

 

« Dans la campagne pétarade une mobylette, c’est votre jeunesse qui s’en va. » (page 45)

 

« Finalement, que reste-t-il de l’amitié une fois adulte ? Une fois contrôlées les premières servitudes de l’existence, mis en place l’appareil administratif qui permet de payer ses factures à temps, de retrouver ses attestations, d’être un bon citoyen de l’Etat moderne ? […] Vous ne voyez plus autour de vous que des amitiés professionnelles où l’intérêt économise son temps, où la curiosité de l’autre se rentabilise, où les tapes dans le dos, dans le meilleur des cas, tiennent lieu de confidences. » (page 47)

 

« Tout ce qui est dit de l’enfance sonne creux aux oreilles savantes, mais il suffit de fréquenter un enfant tous les jours, n’importe lequel, pour découvrir que tout est vrai, qu’il s’agit d’un phénomène extraordinaire, qu’en rien il n’a été sous-estimé ou exagéré par la rumeur. » (page 54)

 

« Dans la décennie qui vient de s’écouler, la seule question aiguë pour vos amis, en couple ou presque, fut celle des enfants. » (page 56)

 

« Tu n’as jamais quitté ton Japon intérieur. » (page 59)

 

« Il y a des situations complexes qui s’élaborent sur des bases simples. » (page 61)

 

« On ne peut pas tout lire, c’est tout de même un vrai problème ça. Comme pour le reste, on a toutes les chances de passer à côté du livre de sa vie. » (page 74)

 

« Chaque nuit est une fin de fête. » (page 75)

 

« Il faut bien au moins une pénétration pour être plus l’un pour l’autre que deux personnes qui se plaisent. » (page 82)

 

« Au bout de deux bonnes heures d’une discussion dont vous garderez le détail privé, elle avait posé sa main sur votre avant-bras et vous caressiez avec le pouce la face externe de son coude. Vous étiez bien. Sur ce type de souvenir on construit des forteresses. » (page 99)

 

« Cette satisfaction des universitaires rancis qui finissent enfin par sortir les belles filles que la vie a rejetées sur leurs rivages. » (page 103)

 

« Vous observez vos amis et vous réalisez qu’ensemble vous formez le morceau de quelque chose qui vous dépasse et dont la mélodie ne disparaîtra jamais. » (page 110)

 

« Vous ne méritez rien de ce que vous offre l’été. » (page 120)

 

« L’adolescence est un pays merveilleux, vide, interdit à tout le monde, y compris aux adolescents. » (page 132)

 

« Les notes prises pendant le séjour vous semblent très en deçà de la mélancolie de cette coccinelle qui remonte le tronc d’arbre. » (page 154)

Publicités

4 réflexions sur “La disparition du monde réel, Marc Molk

  1. Pingback: Pourquoi écrivez-vous, Marc Molk ? | Sophielit

  2. Pingback: La disparition du monde réel, Marc Molk, collection "Qui Vive", Buchet Chastel - Marc Molk

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s