L’été slovène, Clément Bénech

L'été slovèneEtudiants, le narrateur et Eléna vont passer quelques semaines estivales en Slovénie. Ils sont partis pour tester la solidité de leur amour ou, plus certainement, pour s’assurer que ce qui les lie en est. Tout un tas d’imprévus – de l’accident (sans gravité) de voiture à la traversée d’un lac à la nage faute de bateau en passant par l’intrusion de tiers dans l’intimité du jeune couple et la chute dans l’eau de l’appareil photo – vont venir contrarier ces vacances qui s’annonçaient calmes.

Le narrateur est très attentif à son amoureuse. Il s’émeut de petites choses, cependant qu’il cherche à savoir pourquoi il s’émeut. Mais cette intellectualisation, ce recul auquel la spontanéité des débuts a laissé place, n’est-ce pas la preuve que la fin est annoncée ?

 

Dans ce premier livre, Clément Bénech révèle une sensibilité étonnante. Il distille à chaque page une tendresse pour les bons mots qui concourt à l’aspect désinvolte du tout.

Son roman est frais et sans prétention, inconséquent comme l’histoire d’Eléna et du narrateur. Personne ne se projette sérieusement au-delà de l’été. Il n’y a là rien de sérieux, rien d’important, l’heure n’est pas aux promesses de fidélité éternelle. Ce qui n’empêche pas le narrateur de s’émerveiller encore.

 

Il flotte dans les pages de L’été slovène un air doux et sensible, une mélodie légère, un parfum de tilleul, arbre emblématique de la Slovénie, un goût de vin vert, jeune mais à la personnalité déjà affirmée. C’est un roman d’amour en retrait, c’est le calme et l’ombre des petites rues plutôt que les grandes artères en plein soleil, le restaurant désert perdu sur une île plutôt que la plage en vue. C’est reposant et délicieux.

 

Editions Flammarion, mars 2013, 132 pages, 14 euros

 

Phrases choisies :

 

« Il n’y avait aucune rivalité entre nous, et d’ailleurs j’allais me faire le plaisir de l’écraser. » (page 20)

 

« La nuit les coutumes tombent et nous redevenons nous-mêmes, à savoir de vils mangeurs de pizza. » (page 29)

 

« Il n’y a pas que la construction dans la vie, dit Francè. Il y aussi le rire, le divertissement, la futilité. » (page 29)

 

« Est-ce que tu es en couple avec moi pour avoir la reconnaissance de tes amis et de ta famille, ou pour la sérénité de l’amour ? » (page 30)

 

« Pourquoi faut-il toujours qu’on se narre, qu’on mette en scène sa vie, qu’on lui cherche un événement perturbateur ? » (page 55)

 

« L’amour commence pour moi à décliner lorsqu’on est capable de dire exactement ce qui nous plaît chez l’autre. Dès lors, l’autre est seulement une liste avec des cases cochées. » (page 56)

 

« Tu t’ennuies avec moi ? Mais non, sinon je ne serais pas parti en Slovénie. » (page 60)

 

« Au loin, au-dessus du château fortifié de Ljubljana, un feu d’artifice pétaradait avec l’ardeur des choses facultatives. » (page 64)

 

« Nous étions venus en Slovénie pour changer d’air, mais il semblait qu’il se viciait à notre approche et nous suivait comme une nuée de moucherons. » (pages 110-111)

 

« Un drapeau de la Jamaïque pendait au rétroviseur ; des géographes, à n’en pas douter. » (page 117)

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6 réflexions sur “L’été slovène, Clément Bénech

  1. Pingback: Pourquoi écrivez-vous, Clément Bénech ? | Sophielit

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  3. C’est par cet article que j’ai eu envie de lire ce livre, et pourtant je n’ai jamais pris le temps de commenter, c’est une honte ! Alors j’en profite aujourd’hui pour dire merci ! ça a été une très belle lecture, merci pour la découverte !

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